‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 204 sur 343 · Cf. Bcloch, Campanien, p · texte numérisé non relu

Cf. Bcloch, Campanien, p

2. Cf. Darembcrg-Saglio, l'admirable article Luslratio par Bouché-Leclercq.

es ti

rllo

LA NEKYU. 327

Avemus, disaient les indigènes; AornoSy dirent les Hellènes qui firent ici encore un de leurs jeux de mots : l'Averne devint le lac sans oiseaux, à-opvi;. Les Romains adoptèrent ce calembour et les indigènes eux-mêmes le répétèrent :

principiOy quo Averna vocantur nominey id ah re impositumsty quia sunt avihus contraria cunctis^.

En réalité, les volatiles n'ont jamais déserté ces forêts : les canards, oies, sarcelles et oiseaux de passage couvrent à certaines époques les eaux du lac. A-ornos n'est sûrement qu'un jeu de mots : Dion Cassius transcrit plus exactement avemus en aouemis, 'AouepvU*. Il faut reporter, je crois, ce nom d'avernus à la même couche onomastique que beaucoup d'autres vocables de cette région kuméenne : Oinotria, Kumè, etc., nous avons, dans l'épisode des Kyklopes, retrouvé maintes traces sémitiques. L'Averne n'est qu'un Kyklope, un Œil Rond, un Œil rempli de forêts et d'eau : au bout de l'isthme étroit, c'est le bois sacré de Perséphone (cf. le texte de Diod. Sic, IV, 22, ttiv ''Aopvov ôvojjLaJ^ojjiévr^y XtjxvTjV, Upav 8è nepaecpôvTiç), SikazoL nep<jeçpov£trjî, dit le poète odyssécn qui, parmi les arbres de cette région, nomme le peuplier et le saule :

ev9' àxTvi Te Xà^eia xal àXcea Utpfrtooytlr^q ^axpai 7' aïyeipoi xal liioLi toXso'txapitoi.

Ces deux arbres, en effet, saule et peuplier, sont caractéristiques de ce paysage napolitain. Mais il est un autre arbre que nous avons rencontré déjà près de la caverne de Polyphème et dont la silhouette, encore plus caractéristique, se profile sur toutes les pentes de ces collines : le pin-parasol. L'Écriture donne le nom de aom ou awom à un arbre élancé, qui sert à fabriquer les mâts de navires; les traducteurs l'identifient au pin. C'est de pK, aorn, on p\H, aworn, que les Anciens, je crois, tirèrent Avernus, Aouemisj Aomos. Je crois que le lacus avemus était primitivement le lac des pins; mais, faute de doublet, je ne saurais certifier cette étymologie.

20 avril 1901'. — Le tramway, qui va de Naples à Pouzzoles, puis à la Plage de Cuma, longe jusqu'au Lucrin le pied des collines Phlégréennes. La route est bordée d'étuves, de bains chauds et d'établissements thérapeutiques, qui utilisent les innombrables sources thermales ou jets de vapeurs de cette côte volcanique. Avant cette exploitation industrielle, la rive déserte devait offrir aux premiers navigateurs une succession presque ininterrompue de ruisseaux bouillonnants et fumants, de jets vaporeux, de buées et de fumerolles.

Page 1