‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 205 sur 343 · Cicog. Grarc. Min., I, p · texte numérisé non relu

Cicog. Grarc. Min., I, p

2. Los fig. 07 et 68 sont (l«»s photo<;raphi(>s de M"' Y. Béranl.

3. A propos (li's saules, je ne sais comiiieril traduire l'épitlièle wXeaixapiroi : elle me semble susceptible de deux interprétations, aux friiils qui avortent ou aux fruits de tnorl.

FiG. 67. — Le Lucrin*.

LA NEKYIA.

celle maison humide d'IIadès. De point en point, la description odysséenne peut s'appliquer à notre site.

Les navigateurs primitifs venaient ici consulter Toracle des morts et demander aux nécromants le « chemin du retour ». C'était peut-être une femme, une baalat-ob^ qui servait ici, comme à Aïn-Dor, d'évocatrice. La légende indigène n'oublia jamais qu'une prophétesse, une sibylle, vivait jadis en ces parages kuméens. Peut-ôtre est-il plus vrai qu'on ne croit, le rapprochement que lirent les auteurs chrétiens entre cette Sibylle de Kume et la Sibylle d'Aïn-Dor. C'est par quelque substantif tiré de la racine d.?\s, que les navigateurs sémiliques désignaient peut-être cette Sibylle. Que l'on imagine un substantif féminin de la forme dires a ou deres'a, et Ton apercevra comment le poète odysséen prit Tirésias pour intermédiaire entre Ulysse et les âmes des morts. Dans la légende thébainc de Tirésias, on trouverait de nombreux détails, qui nous ramèneraient à la môme hypothèse. Tirésias, durant sa vie, avait plusieurs fois changé de sexe; tantôt homme, tantôt femme, il portail, comme un roi d'Orient, un sceptre de kyanos. Si nous avions le loisir d'étudier ici cette légende de Tirésias, je crois que, dans la Béotie de Kadmos aussi bien qu'en notre chant de V Odyssée j ce devin apparaîtrait comme un proche parent de la Sibylle sémitique....

Nous sommes revenus au tramway en achevant le tour du Lucrin par sa rive occidentale. Dans un recoin des collines, une source chaude bouillonne en un grand œil fumant : c'est le Pyriphlégéthon de Strabon. Par un ruisseau d'eau tiède, il se déverse dans le Lucrin ; avec force signes de croix, des paysans viennent y baigner un pauvre cheval étique : ces eaux sacrées restent toujours miraculeuses.

FiG. 68. — Le Pynphlégétïion.

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