‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 212 sur 343 · I. Cf. lo premier volume de cet ouvra^:e, p · texte numérisé non relu

I. Cf. lo premier volume de cet ouvra^:e, p

LES SIRÈNES. oU)

reviendrons longuement à ces jeux de mots et allitérations. Déjà les Instructions nautiques nous ont montré comment le calembour fleurit parmi les navigateurs. Kn veut-on un autre exemple? Près du cap Misène, une lagune, que les Italiens nomment Mare Morto (voir plus haut, p. 137), devient pour nos Provençaux le Port de Mala Mortel En notre texte odysséen, voici encore un exemple tout semblable. Le poète nous dit : « Les Pierres se nomment Planiclai, dans la langue des dieux bienheureux »,

nXa-'.ocTà^ or^ to». Ta; v£ Osol [xàxaps; xaXsoJTiv.

Ce mot de planktai présente un sens, et même plusieurs sens, en grec; il peut signifier les Errantes ou les Choquées (TrXàJ^o), TwX'/'ao'o)). Si Ton prend le sons de Pierres Errantes, il est possible d'imaginer une explication ; ce volcan do Salina (nous allons voir qu'il était alors en pleine activité) put être une « île errante », une île de ponce et de pierres flottantes, au môme titre queTile Aioliè était une île qui nage, tîAcottj èvl v/^tcj). Mais les poètes et rhéteurs des âges suivants préférèrent le sens de Pierres Choquées et ils assimilèrent ces Planktai odysséennes aux Sym-pleg-ades argonautiques, aux deux Piei'i'es du Bosphore (|ui se choquaient Tune contre l'autre et qui s'étaient fixées après le passage du navire Argo*. C'est pourquoi les interpolateurs introduisirent dans le texte odysséen les quatre vers sur Jason :

oÏTj O'fl XsivT) V£ irapéTTAco TCOVTOîUOpO; VTi'j;

'Apyw Tzi'Ji [jLsXouTa, Trap' XWi'zolo TrXéo'JTa*

xai vsi x£ TTiv £v^' (oxa pà£V |jL£yàXa; tîotI 7r£Tpa;,

iW 'HpTj 'îîap£'7:£[jL'i£v, ZTztl ©OvOs v»ev 'I'/jTwv.

Ces derniers quatre vers sont assurément interpolés. Je crois, néanmoins, que les roches Planktai figuraient dans le texte primitif. Le nom même de Planktai me paraît un sur garant de l'authenticité de ce passage. Ce nom n'est pas une invention du poète: c'est la simple transcription d'un mot étranger, que le poète rencontra dans le périple original et qu'il ne fit qu'habiller à la grecque. Car, ici comme plus haut, pour planktai comme pour inoluy le poète nous prévient que ce sont là, non des vocables helléniques, « humains », mais des vocables étrangers, « divins » :

ijiwÂ'j 0£ [JLÎ.V xa)io'JT'. Ô£oi...,

IlÀayxTa; or, TOi Ta; Y£ ^£ol [jLàxap£; xaXéo'JO'iv.

Mulu peut être expliqué par les langues sémitiques; il semble que planktai pourrait avoir une pareille étymologie. Tous les Sémites possèdent la racine ■jSr, p. /. A'., avec le sens éli^e rond ou plutôt conique, pointer à la façon (les mamelles : de cette racine, les Hébreux ont tiré leur mot "jSs, pelek. qui

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