I. i'S. Kaziiuirski. Dicl. Arab., s. v
"1. Dolomiou, Voyage aujr îles Lipari, p. 91-93.
LES SIIIÈNES. oi7
plongent dans la mer du côté du Sud. Je vis qu'elles avaient coulé du sommet des montagnes, en parcourant un espace de plus d'un mille et qu'elles s'étaient précipitées presque perpendiculairement dans les flots. Je reconnus en même temps que ces courants avaient des époques distinctes.... La lave supérieure recouvre une autre lave, celle-ci est placée sur une troisième et ainsi des suivantes ^
Les périples anciens que copie ou résume Diodore disent : « Toutes ces îles eurent de grands épanchements de feu, dont les cratères et les bouches subsistent, visibles jusqu'à ce jour », auTai oè iraTai Tcjpo; ÈT/r^xaTiv àva'^JT*rjjjLaTa a£^'àXa, cov xoaTrjps^ ol vsvsvrj'jisvoi xal -zk TTÔaia ur/pi toO vjv ê'.t». oavc.oà*. Strabon (VI, 277) nous rapporte de son côté un récit de Posidonios, qui pourrait ne sembler que le développement de nos deux vers odysséens. Le fait raconté par Posidonios est historique. Il s'est passé dans les parages de nos Jumeaux, entre les îles actuelles de Panaria (?) et Vulcano, Hiera et EuonymoSy disaient les Hellènes :
Posidonios raconle qu'un jour à l'aube, vers le solstice d'été, on vit entre Hiéra et Kuonymos la mer se gonfler tout à coup à une formidable hauteur et, quelque temps, elle se tint ainsi comme soulevée par quelque souffle en une nappe continue, puis elle retomba. Ceux qui osèrent approcher en barque virent des cadavres de poissons entraînés par le flot; la chaleur et l'odeur insupportable incommodèrent ces navigateurs et les mirent en fuite. Une barque, qui s'était trop approchée, perdit une partie de son équipage et ne ramena les survivants qu'à grand'peine vers Lipari : les survivants furent atteints de crises semblables à l'épilepsie, d'où brusquement ils revenaient à l'état de santé. Quelques jours après, on put voir la mer couverte d'une sorte de boue flottante, d'où montaient des flammes, des fumées et d'épaisses vapeurs; puis cette boue se solidifia et donna naissance à une sorte de croûte, toute semblable à la pierre à meule. Le préteur de Sicile, T. Flaminius, ayant averti le Sénat, une députation vint dans l'îlot et à Lipari pour sacrifier aux dieux infernaux et aux dieux de la mer.
Il est probable que les preniiers thalassocrates, dont le poète odysséen copie le périple, avaient assisté à quelque phénomène aussi terrifiant, soit que les volcans de Salina fussent alors en activité, soit qu'une éruption sous-marine eût subitement soulevé les flots et projeté les rafales du feu dévastateur. A sei^rer de près les vers odysséens, il semblerait que la première hypothèse fiit la plus conforme à certains détails du texte : c'est de l'une des deux montagnes, semble-l-il, que les navigateurs ne peuvent approcher et que tombent les rafales. Il se pourrait alors que Thistoire des colombes eut une autre origine que le seul calembour onomastique. Par leur situation entre la Sicile et la Sardaigne, sur la grande route que suivent les oiseaux migrateurs, quand ils passent d'Europe en Afrique, les îles Éoliennes ont toujours été un lieu de refuge et de rendez-vous pour les oiseaux de passage :
\. Spallaiizani, Voyage, etc., U, p. 115-110. t>. Diod. Sic, \\ 7.
r>iS LKS PHÉMCIK.NS KT L'ODYSSKK.
Los oiseaux sédenlaiivs à Lipari, dit Spallanzani', sont la ptM'drix, \o verdiiT, li* pinson, le cliardonnerot, la cliouelte et le corbeau, (le dernier habite pour l'ordinaire les champs cultivés et niche sur les rochei-s les plus escarpés, qui ne le sont pas assez pour qu'on ne puisse leur enlever quelquefois leurs petits.
Quant aux oiseaux errants, je n'en ai pas vu un seul. On met dans ce nondire les diverses espèces de lari et le pélican charbonnier qui vont et viennent en quéle de leur pAture et quittent indifféremment l'eau salée des mers pour l'eau douce «les rivières et des étangs. Rarement ils se montrent dans les îles .Eoliennes, ainsi que h»s autres oiseaux aquatiques.
Il n'en est pas de même des oiseaux de passage. Les tourterelles et les cailles arrivent en avril et s'arrêtent pendant quelques jours : elles reviennent en septembre pour quelque temps encore. Les hirondelles font plus; elles nichent.... Quand je quittai Lipari, c'était le 15 octobre; il restait encore quelques hirondelles. Je dois observer que, deux jours auparavant, il était survenu une tempête accompagnée de pluie et de grêle et que le lendemain, au point du jour, j'avais vu une centaine d'hirondelles se rassembler au-dessus du chAteau et partir avec un vent du Sud-Ouest.
Les îles Lipari sont donc pourvues de nombreux oiseaux, quand les éruptions et gaz volcaniques ne chassent pas ces volatiles. Mais les volcans en activité sont désertés par les oiseaux : « Stromboli, ajoute Spallanzani, n'est habité par aucun oiseau stationnaire : on a essayé d'y faire nicher des perdrix sans succès. » L'onomastique actuelle des îles Lipari traduit assez (idèleinenl cette différence. Sur les îles éteintes, Ustica, Kricusa, Panaria, elc , les Secca di Colombain, Falconara, Punta Palumba, etc., font face aux iles et caps délia Colombma, Palumbo, etc., de la Sicile occidentale *, oii les colombes tenaient une grande place dans le culte phénicien d'Astartè, sur le mont Éryx. Mais autour des volcans actifs, Vulcano ou Stromboli, ces noms d'oiseaux et de colombes ne se retrouvent pas :
TTp jjiiv t' oOo£ TrorriTot TrapÉpysTa». O'joà -sAsia'..