Cf. lo premier volume de cet ouvrage, p
rJlARYBDE ET SKYLLA. oho
trait sur ce cap le tombeau d'un certain Peloros, IIsXcjpo;, dont les Romains firent un pilote d'Annibal*. Ce nom de lieu doit remonter aux Sémites, en effet, mais bien plus haut qu'Annibal et que les premières marines grecques. Il est de même époque et de même origine que Skylla. Le poète odysséen le connut; il en fit un attribut de Skylla ; mais il ne nous dit rien qui puisse nous en indiquer le véritable sens.
Il faut noter que ces inventions verbales du poète pouvaient cadrer, d'ailleurs, avec certaines données fort exactes de son périple et que ces données correspondent encore à la réalité présente :
Curieux de connaître ces écueils fameux par tant de naufrages, je pris une barque et la dirigeai d'abord vers Scylla. C'est un rocher très élevé, situé à douze milles de Messine sur les côtes de la Calabre, au delà duquel est bâtie la petite ville qui porte son nom. Quoiqu'il ne fit point de vent et que j'en fusse encore à la distance de deux milles, je commençai à entendre un frémissement, un murmure et je dirai presque un bruit semblable à des hurlements de chien, dont je ne tardai pas à découvrir la véritable cause. Ce rocher, coupé à pic sur le bord de la mer, renferme à sa base plusieurs cavernes, dont la plus spacieuse est appelée Dragara par les habitants de l'endroit. Les ondes, entrant avec impétuosité dans ces cavités profondes, se replient sur elles-mêmes, se brisent, se confondent, écument de toutes parts et produisent tous les bruits divers que l'on entend au loin •.
Ces cavernes hurlantes se rencontrent tout le long du détroit sicilien. La plupart sont au ras des flots :
Le beau cap ou plutôt le rocher, que les Siciliens baptisent du nom de Cap Saint- Alexis, interrompt la route. Ce cap est formé par un rocher à pic de cinq à six cents pieds au-dessus du niveau de la mer.... Taillé en forme de cône concave, on remarque sur toute sa surface cinq cavernes aussi élevées que profondes, cavernes assez grandes pour qu'une légère barque puisse y entrer et en faire le tour; les eaux de la mer s'y engouffrent avec un bruit semblable à celui du tonnerre. Malheureusement pour nous, la grosseur de notre navire ne nous permettait pas de les suivre sous ces voûtes retentissantes. Nous eûmes assez de peine à résister aux vagues qui s'y portaient et à ne pas nous briser contre le roc rougeûtre '.
Il est une caverne plus curieuse encore, que nous signalent les Instructions nautiques : elle n'est pas au bord de la mer, mais au sommet d'une montagne. Pourtant cette caverne aboie, elle aussi : « La ville d'Ali, renommée par ses eaux minérales, s'élève en dedans du cap, sur la pente du mont Scuderi, qui a 1250 mètres de hauteur. Auprès du sommet aplati de cette montagne, il existe une caverne d'où le vent sort en soufflant avec une certaine violence*. »
Semblable à cette grotte du mont Scuderi, une caverne s'ouvrait jadis, non