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I. Inslruct. naut.r m 731, p

TmS les phéniciens et L'ODYSSÉE.

une brise favorable et bien êtablte, un navire peut arriver à ne plus cHre maître de sa manœuvre, même étant sous vapeur.

Courants. — Les courants du détroit de Messine sont variables et atteignent parfois T) n(puds de vitesse. Ce sont en grande partie des courants de marée, qui acquièrent leur plus grande force le lendemain de la pleine et de la nouvelle lune (sauf les perturbations dues aux vents)*. Le flot porte au Nord, le jusant au Sud; mais près des côtes, il existe des contre-courants dont on peut tirer parti. Ceux-ci se font sentir entre I lieure et 2 heures après le commencement du courant principal et sont appelés refoli quand ils sont produits par le jusant, bastardi quand ils sont produits par le flot.

1. Ces rciiseijïiierneiits sur le réfîiiiie di^s courants dans iv drlroit do Messine sont dus aux hydrographes français, à la suite des travaux exécutés en i858 sous la direction de M. B. Darondeau.

.Nous croyons devoir reproduire les indications portées, relativement à ces courants, sur la carte italienne n" 47, à la suite des travaux hydrographiques elTectués par le navire de la marine royale italienne Washington j sous le coininandement de M. le capitaine de frégate Rossi. Nous les faisons suivre de quelques mots au sujet de l'influence des vents sur le régime des courants d'api*ès le pilote Longo: « Les courants du détroit de Messine peuvent Hve considérés connue de véritables courants de marée, le courant principal produit par le flot se dirigeant vers le Nord, celui de jusant vers le Sud. Ils varient de force et parfois même de dirinrlion, selon la saison ou le vent régnant. Quatre heures avant le passage de la lune au méridien du phare de Peloro, le courant de jusant commence à se faire sentir à cette [)ointe, d'où il parvient à la pointe Pezzo et, deux heures après, à la pointe de San Ranieri; il s'infléchit alors vers la pointe de Reggio et, après avoir longé la côte de Calabre jusqu'à Tonr Lupo^ il s'incline vers la côte sicilienne et s'élargit en perdant notablement desaforee.A i'heui'e du passage de la lune au méridien, le courant de jusant règne dans tout le canal.

« X la pointe Pezzo, deux heures après le passage de la lune au méridien, le courant de flot se manifeste, tandis que celui de jusant règne encore dans la partie méridionale du détroit. A la pointe de San Ranieri, le courant de flot se fait sentir deux heures après qu'il a connnencé à la Pointe Pezzo. et il est complètement établi dans le canal quatre heures après sa première apparition. A la sortie du déti'oit, il longe la côte de Calabiv vers Scilla et Bagnara, d'où il se dirige au large. Il convient de faire remarquer que le changement des courants de marée ne se produit pas d'une manière n»gulière et que les heures indiquées ci-dessus ne représentent qu'une moyenne de l'instant de leur changement. Les courants les plus rapides d'une lunaison correspondent aux jours des syzygies, les plus faibles aux quadratures. La plus grande vitesse observée a été de 5 milles à l'heure. Sur les côtés des courants principaux, une heure environ après leur passage, il se produit des contre-courants, appelés communément bastardi; ces bastardi, que l'on utilise pour la navigation du canal, commencent très près de terre, et, à mesure que les courants principaux perdent de leur foree, ils s'élargissent jusqu'à atteindre une largeur d'un kilomètre. Ils sont faibles si les courants de flot et de jusant sont Hiibles. et forts si les courants principaux sont rapides.

« Les principaux bastardi ou contre-courants, qui portent au Nord pendant le jusant, s'établissent près delà côte de Sicile : entre la tour du Faro et le cap Peloro; entre les Grottes (la Pace, et \a rivière de Santa Agata; entre San Francesro di Paola et le couvent de San Salvaiore, dei Cwreci ;c\\\v^ Mili et la citadelle de Messine ; enlise le cap SanV ALessio et le cap Scalrtta. Sur les côtes de ùiiabre. le jusant donne aussi lieu à des contre-courants entn' la pointe Calamizlt et le village de Catona^ et eiitre la pointe Pellaro et la tour Lupo. Il y a des eaux presque calmes entr.' Catona et la pointe Pezzo. Les bastardi qui prennent naissance avec le flot se produisent, sur la côte sicilienne : entre le cap Peloro et la tour du Faro, entre San Francesco di Paola et l'entrée du port de Messine et, du côté de la (lalabre, entre VAlta Fiumara et la Pointe Pezzo ; ce dernier s'étend jusqu'au milieu de l'entrée du détroit. La ri'iiconlr.* des deux courants produit des agitations de la mer et y occasioime une suite de forts refoli ou tourbillons, que l'on nomme scale di mare. Les garofali, ainsi que les ap|)ellent les |)rati(|ues locaux, sont ces refoli ou tourbillons qui se forment aux points de rencontre des couinants opposés; cependant, lorsque ceux-ci rencontrent des ditférences notables de fond, ils trouvent des obstacles à leur développement. Les principaux garofali sont ceux qui se forment près de Scilla et de la tour du Faro; ces derniers sont appelés cariodi [ou carioddi). De moindre importance sont ceux de Santa Agata, de la pointe des trottes, de Salvatore dei Gi'eci, de la pointe Pezzo et de Catona. L4*s courants de marée dans l'intérieur du port de Messine durent trois heures chacun, avec un intervalle de calme de trois heures. Avec le flot, ils entrent en côtoyant la péninsule de San Ranieri; avec le jusant au contraire, ils longent la côte Est, au nord de l'entrée, et alors les eaux sont très agitées auprès de la Santé. Le courant est plus rapide près de terre que dans le milieu du porL Le courant de flot s'établit une heure avant le passage de la lune au méridien ; celui de jusant cinq heures après ce passage; les irrégularités sont cependant très fréquentes. »

Postérieusement aux travaux italiens, il a paru à Messine une brochure intitulée : Il canale di Mes$ina e le sue correnti, par M. Francesco Longo, chef pilote, dans laquelle l'auteur insiste sur les variations que font subir au régime des courants, dû aux phases de la lune, ainsi qu'à la montée et à la baissée de l'eau, les vents qui soufflent ou qui ont souftté, les coups de vent et les mouvements de baromètre. Il cite entre autres phénomènes le fait qu'avec le courant qu'il désigne par scendente (descen-

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Sur ia côte de Sicile les principaux contre-courants de jusant se font sentir entre la tour Palazzo (à Textréraité S.-O. du village de Faro) et la pointe Sottile (extrémité Sud du cap Peloro), entre la Grotta et la rivière Guardia, entre San Francesco di Paola et San Salvatore dei Greci. La largeur de ces contre-courants augmente en proportion de la durée du courant principal, et devient importante aux vives-eaux où ils s'étendent jusqu'à 1 mille du rivage. Sur la côte de Calabre, le contre-courant de jusant ne se produit pas au Nord de la pointe Pezzo, mais de là jusqu'à Catona, en face de Messine, il a environ 1 mille de largeur. Avec le flot ou courant Nord, le seul contre-courant important, ou bastardo, se fait sentir sur la côte de Sicile entre le phare de Peloro et la pointe Sottile ; les autres sont insignifiants. Toutefois, sur la côte de Calabre, après 2 heures de flot, entre l'Alta Fiumara et la pointe Pezzo, il y a un contre-courant portant au Sud et atteignant sa plus grande largeur, devant Canitello, où il s'étend à I mille de terre.

Les jours de pleine et de nouvelle lune, le jusant commence à 9 heures du matin dans le détroit de Messine et porte vers Alta Fiumara (Calabre); de là, il se dirige vers la pointe Pezzo et la Grotta (Sicile), ensuite vers San Salvatore dei Greci, et il arrive vers il heures devant le phare N.-E. de Messine; après cela, il se dirige vcrsReggio (Calabre). Les jours de pleine et de nouvelle lune, le flot commence à 5 heures à la pointe Pezzo et parait ainsi être la continuation du contre-courant de jusant qui existait déjà en ce point; il s'élargit graduellement et va s'unir au contre-courant Nord s'élendant de la tour de Palazzo à la pointe Sottile, et toute la masse des eaux s'écoule au N.-E. dans la direction du passage.

Au bout de deux heures, le flot incline vers Scilla; mais en même temps il vient du Nord un courant, appelé Rema di Bagnara, qui en s'unissant à celui portant vers Scilla produit un courant portant au large. A Messine, le courant Nord ne commence que vers 5 heures. Aux mortes-eaux, le courant Sud suit la même direction qu'aux vives-eaux et produit les mômes contre-courants, mais ceux-ci sont moins rapides. Il commence au P'aro à midi 45 minutes, et devant Messine à 3 heures 45 minutes. Au cap du Faro la montée de l'eau est à peine sensible; à Messine elle est au-dessus de 0'",25 à 0"',50; mais elle est très influencée par les vents.

La rencontre des deux courants opposés produit, en divers points du détroit, des tourbillons et de grands remous, appelés garofali dans la localité. Les principaux garofali sont : sur la côte de Sicile, entre le cap du Faro et la pointe Sottile, avec le jusant, et devant la tour de Palazzo, avec le flot : ce dernier garofalo est très fort (c'est le Charybde des anciens). Il existe un autre ^aro/a/o, également violent et dangereux avec le vent de S.-E., devant la pointe Secca, extrémité N.-E. du Braccio di San Ranieri. A la pointe Pezzo, sur la côte de Calabre, il y en a un autre très fort, dangereux avec le vent de S.-E. Les autres grandes agitations sans tourbillons, produites par le courant sur les inégalités du fond, sont appelées scale di Mare,

Pilotes. — Comme les variations des courants rendent difficile la navigation à la voile dans le détroit, il serait imprudent, de la part d'un navire à voiles étranger, de chercher à le franchir de nuit sans pilote. Si l'on vient du Nord, on trouve des pilotes à quelques milles au Nord du phare du Faro; si l'on vient du Sud, on en ren-

(bnl], c'cst-à-dirc celui qui porte au Sud, rélévatioii des eaux dépasse de 45 centimètres le niveau le plus bas produit par celui qui porte au Nord. D'après l'auteur, les eaux qui courent vers le Sud sont toujours moins froides que celles qui se dirigent vere le Nord. Le courant Nord part toujours du fond et porte à la surface des herbes et des débris végétaux, tandis que celui qui se dirige au Sud n'a pas cette force. Enfin, d'après M. Lon^o, les contre-courants, remous et tourbillons que l'on désigne sous le nom de refoli au Faro et ù Messine, sont appelés garofali par les Napolitains et bastardi par les Calabrais.

contre à r> ou i milles au Sud de Messine. La caractéristique des bateaux pilotes consiste en une ancre peinte sur la voile, et un pavillon bleu, marqué de la lettre P en blanc, hissé à Tavant.

La carte marine, dont je donne une reproduction (fig. 70), indique par des spirales les points où d'ordinaire tourbillonnent ces hastardi et garofali. Le plus important de ces remous, auquel nos marins gardent le nom de Charybde, est juste en face de Skylla sur la rive opposée du détroit, un peu au Sud du cap Peloro. Ulysse, ayant franchi Skylla, échappe au tourbillon de Charybde. Il débarque sans difficulté dans le « port creux » de Messine. Mais, après le massacre des bœufs sacrés, il reprend la mer. Alors une tempête de Nord-Ouesl, de Zéphyre, Tentraîne d'abord vers le Sud, puis un coup de Sud-Est, de Notos, le rejette vers Charybde :

Quand nous eûmes quitté l'île, quand aucune terre n'apparut à nos yeux, mais, seuls, le ciel et la mer, alors le fils de Kronos dressa une nuée noirâtre sur le vaisseau creux : la mer en fut tout assombrie. Le navire ne courut pas longtemps encore, car une rafale de Zéphyre hurlant cassa les deux étais du mât, qui tomba en arrière et tous les agrès tombèrent dans la sentine. Le mât frappa sur la tète le pilote assis au château d'arrière et lui mit le crâne en bouillie. Comme un plongeur, il fut précipité du château et succomba. Zeus tonne; la foudre frappe le bateau qui vire entièrement et se remplit de soufre. Mes hommes tombent à l'eau.... Moi j'allais et venais sur la coursie. Mais une vague ouvre les flancs du bateau, qui dérive désemparé. Le mât est cassé net. Un faux élai lui restait attaché. Je prends celte courroie de peau de bœuf pour lier ensemble le mât et la quille. Alors le Zéphyre cesse. Un rapide Notos survient... qui toute la nuit me ballotte et me rejette à l'aube vers le rocher de Skylla et la terrible Charybde.

Les Instrudions nautiques nous décrivent aussi les vents du détroit :

Vents locaux. — En hiver, les vents les plus forts et les plus fréquents sont ceux de l'E.-S.-E. et de l'O.-S.-O., ces derniers accompagnés d'une très grosse mer. Dans celle saison la lutte entre les vents opposés est fréquente, surtout avec les grands frais de N.-O. qui viennent de la mer Tyrrhénienne. Les vents d'Ouest ne durent pas autant que ceux de S.-E. et de S.-O. ; ils peuvent souffler fort, mais ils mollissent bientôt. Le vent de S.-E., au contraire, devient de plus en plus fort et souffle parfois quinze joui"s consécutifs. Le S.-O. lui succède généralement, mais dure peu, puis le vent tourne à l'Ouest et au Nord et le beau temps se rétablit. Le retour du S.-O. au S.-E. est un indice de mauvais temps ; de même la giration du S.-E. au Nord par l'Est.

En été, le beau temps est accompagné de vents de N.-O. et de Nord. Loreque le vent souffle du Nord, il fait toujours presque calme dans le détroit, tandis qu'à Messine et à Heggio la brise est quelquefois très fraîche ; mais généralement elle tombe le soir et n'occasionne pas de mer. Dans la belle saison, le détroit est la ligne de séparation des vents d'Est et de S.-O. Les nuages apportés par les derniers s'accumulent alors sur le détroit, où il fait calme plat, tandis qu'il souffle une forte brise en dehors. Parfois, le vent de Nord [c'est le Zéphyre d'Ulysse] soufflant dans le détroit rencontre à 20 railles dans le Sud, devant le cap Spartivento, un vent de Sud [c'est le Notos d'Ulysse], ou un vent venant de l'Adriatique ; il en résulte une grande perturbation atmosphérique ; c'est

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ce qu'on appelle golfo di Cantara, sur la côte de Sicile, entre Taormina et Mascali. On doit se précautionner contre les lourdes rafales qui tombent quelquefois des vallées et qui sont dangereuses pour des petits bâtiments.

On peut voir que, de point en point, ces Instructions concordent avec tous les détails de notre description odysséenne. La tempête d'Ulysse n'est que cette rencontre des vents du Nord et du Sud dont nous parlent les Instructions. Si Ton veut mieux encore apprécier l'exactitude de tels et tels vers odysséens, il faut reprendre les récits des voyageurs modernes. L'exact et consciencieux Spallanzani visite Charybde :

Quoique la marée soit presque insensible par toute Tétendue de la Méditerranée, elle se fait apercevoir dans le détroit de Messine, à raison de son étrécissement, et elle y est réglée comme ailleurs par les élévations et dépressions périodiques des eaux. Quand le vent souffle dans la direction du flux et du courant, les navires n'ont point de dangers à courir; car, si ces deux forces leur sont contraires, ils sont dans la nécessité absolue de s'arrêter et de jeter Tancre à l'entrée du canal; si elles leur sont favorables, ils passent à pleines voiles avec la rapidité de la flèche.

[Cf. le premier passage d'Ulysse et les conseils de Kirkè :

aXXa ^.oXa DxuXXtjç ^xotceXco 7ce7?Xirj[JLévoç o^xa VTja Trape^eXàav.]

Mais lorsque le vent est opposé au courant et que le pilote inexpérimenté ou trop confiant lui abandonne ses voiles pour franchir le détroit, son navire combattu par deux forces contraires va se briser contre le rocher de Scylla ou échouer sur les bancs voisins.

[Cf. les conseils d'Ulysse à son pilote : « Veille au rocher, de peur que le bateau, sans même que tu t'en aperçoives, ne s'élance contre le rocher; tu nous mettrais à mal » :

... ffù oà cxoTcéXou gTciaaieo, u-j^ ce XàO-yjdiv xeiff' e$op{JL-î^(ja(ja xa\ Iç xaxov àpL^xe paXTjcOa.

Les Instructions nautiques nous traduisent ces vers plus exactement encore : « Sans une brise favorable et bien établie, un navire peut arriver à ne plus être maître de sa manœuvre, même étant sous vapeur ».]

Voilà pourquoi vingt-quatre matelots des plus hardis et des plus robustes se tiennent jour et nuit sur la plage de Messine. Au premier coup de canon d'un navire en perdition, ils accourent et le remorquent avec leurs barques. Comme le courant n'occupe jamais toute la largeur du détroit, qu'il serpente et fait plusieurs détours, ces matelots, qui connaissent parfaitement sa marche, savent l'éviter et soustraire le vaisseau aux dangers qui l'environnent. Mais si le pilote, qui en a le gouvernement, dédaigne ces secours ou néglige de les demander, quelqu'habile qu'il soit, il court le plus grand risque de faire naufrage. Au milieu des tournoiements et du bouillonnement des ondes,

[cf. les vers odysséens :

XéÊTjÇ 0)^ ev Tcupi 'JtoXXai Tziç' àvay.op[xûp6ffxe xuxcDjjiévri]

occasionnés par la rapidité du courant et par la violence du vent, qui souffle en sens contraire, l'usage de la sonde devient inutile, les plus gros câbles se rompent et les

ancres ne prennent point parce que le fond est rocailleux. Enfin tous les expédients ne sont ici d'aucun secours ; l'unique moyen de salut est de se confier aux soins, au courage et ù l'expérience des matelots messinois.

J'en donnerais plusieurs exemples que m'ont rapportés des personnages dignes de foi, si je n'avais été témoin moi-même d'un événement qui montre que ce parti est en effet le seul à prendre. Je me promenais sur les collines qui dominent le détroit, lorsque je vis entrer par la bouche du Nord un bâtiment marseillais voguant à pleines voiles el ayant pour lui le vent et le courant, il avait déjà fait la moitié du chemin el s'avançait heureusement vers le port, lorsque tout a coup le ciel se couvre d'épais nuages ; un tourbillon de vent soulève la mer contre la direction du courant el l'agile dans tous les sens.

[oTi TÔTE xuaveTiV ve^éATjV ItjTt^ct Kpoviwv

vY|b; uwep yXa^upTfiÇ, vj/Xudt 8è tcovtoç utc* aÙTvJç.]

A peine les matelots ont-ils le temps d'amener les voiles; de toutes parts les vagues entourent et assaillent leur malheureux navire.... Ils donnent le signal de détresse. Aussilôl une barque se détache du rivage de Messine et vient les prendre à la remorque*.

Spallanzani nous décrit longuement les efforts des pilotes messinois, qui réussissent à sauver ce bateau marseillais. Toutes les aventures en ce détroit ne se terminent pas aussi heureusement. Le mftme Spallanzani ajoute :

Les bâtiments légers que le vent ou le courant entranie, vacillent, tournoient, mais ne sont point engloutis: ils ne coulent à fond que dans le cas où les vagues, en se précipitant sur eux, les remplissent d'eau.

[Cf. le vaisseau d'Ulysse, qui, après avoir tournoyé, ne sombre que « frappé par la foudre et rempli de soufre »,

vj o' eXeXi/ô'/i izxaT. Aibç ^XtqyêΜx xepauvcu, ex oï Oeeiou irXf|TO.]

Quant aux gros navires, ils s'y trouvent arrêtés tout à coup et restent comme immobiles; ni le vent ni les voiles ne les peuvent tirer de là; après avoir été tourmentés et battus des flots, ils sont poussés contre la plage voisine. Voici à ce sujet, une lettre que m'a écrite l'abbé Grano de Messine : « Il n'y a pas vingt jours, nous avons été témoins de la submersion d'une polacre napolitaine, venant de Pouille avec une provision de grains. Il s'était élevé un vent de Sud-Est très impétueux .

['fiXOs o' kià NoToç Jixa, oépwv èaaj aXYsa ôu|i'I>]

Le navire s'efforçait de gagner le port à pleines voiles; mais la tête ou la queue du courant, pour me servir de l'expression de nos mariniers, étant déjà entrée par le phare, saisit le navire et l'entraîna dans le Calofaro. Là, ne pouvant faire usage de ses voiles, il resta quelque temps exposé à toute la furie des flots, qui finirent par l'entrouvrir el le couler à fond :

[05pp' CLTIO TOl'/OU;

X'jse xX'jowv Toômoz, TTjV 0£ iJ/iXyjV çpeofi xO;i.a] la moitié de l'équipage (seulement) fut sauvée. »

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