‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 223 sur 343 · Instrucl. iiaut.y ii" 751, p. 2iO · texte numérisé non relu

Instrucl. iiaut.y ii" 751, p. 2iO

vent des remous de courant et il est dillicile, sinon impossible de tenir Tînicre dégagée si Ton y reste plus de quelques heures. » Nos caries marines, pour bien indiquer ce mouillage de la Grotta, ne manquent pas de signaler le repère <lu dôme au bord de la pointe avançante. Le périple sémitique devait signaler aussi (*e refuge de la grotte. De ce détail du périple, le poète odyssécn lit, h sa mode ordinaire, un épisode de son aventure :

La nuit était passée aux deux tiers et les astres marchaient : Zeus, assembleur de nuages, souleva uu vent furieux en terrible rafale et couvrit de nuées terre et mer tout ensemble; du ciel tombait la nuit. Quand l'aurore aux doigts de rose parut et sortit de la brunie, nous remisâmes notre bateau en le halant dans une vaste grotte.... Pendant un mois entier, le \otos souffla invariablement : pas d'autre brise que l'Kuros et le Xolos.

Ulysse voudrait descendre le détroit pour gagner les mers helléniques : ce sont bien les vents du Sud, Euros et Notos, qui peuvent lui fermer la route. Repoussé par ces vents du Sud, Ulysse remonte à la Grotta. Nos marins vont aujourd'hui mouiller prés du dôme. Les premiers thalassocrates a tiraient leur vaisseau dans la vaste grotte »,

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Voilà pour les bateaux (jui, venus du Sud, ne peuvent pas entrer à Messine. Pour les bateaux qui viennent du Nord, le refuge est beaucoup plus lointain, et le chemin jusqu'au mouillage le plus proche, beaucoup plus difticile. Car, après Messine, la rive sicilienne est inhospitalière : sur 50 kilomètres environ, depuis Messine jusqu'à la baie de Taormina ou de Giardini, la côte droite n'offre aucun abri : pas une anse, pas la moindre baie foraine; à peine, de loin en loin, quelque haut promontoire, Capo di Scaletta, Capo S. Alessio, Capo S. Andréa. Les Instructions nous disent :

De Messine au cap Scaletta, pointe rocheuse qui, surmontée d'une vieille tour, est distante de 10 milles au S.-S.-O., court une plage de sable raide, à une encablure de laquelle on a des fonds de i8 à 90 mètres. La chahie de montagnes, h partir de Messine, se rappi-oche de plus en plus du rivage et atteint à quatre milles une altitude de ilOO à 1200 mètres; elle est coupée par de nombreux cours d'eau aux rives généralement l)oisées. Au Sud du cap Scaletta, la plage se continue sur mie longueur de 3 milles jusqu'au Capo d'Ali, pied d'un morne escarpé avec quelques rochers à sa base. An Sud du cap d'Ali s'étend une plage escarpée et saine, coupée par de nombreux torrents. La plage se termine au cap San Alessio, falaise accore et escarpée portant une tour et uni» redoute. A \ milles au S., la côte présente un promontoire avancé dont les deux caps St-Andrea etde Taormina sont les pointes les plus saillantes. Au Nord du cap St-Andrea, à peu de distance, est la pointe de Castellucio, qui forme avec lui l'anse de ce nom. L'/«o/a, petite presqu'île placée entre les caps St-Andrea et Taormina, fait avec ceux-ci deux autres anses. On voit dans ces trois petites anses plusieui's curieux rochers de marbre rouge grossier, percées de grandes grottes dans lesquelles s'abritent d'innombrables pigeons sauvages. Le cap Taormina est une saillie rocheuse, prolongée à 1res petite distance par l'îlot Agonia. La baie de Taormina est comprise entre les caps

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