‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 225 sur 343 · I. Phologri^vurc d'après la carte marine n° 371H · texte numérisé non relu

I. Phologri^vurc d'après la carte marine n° 371H

57i LES niÉMCIENS ET L'ODYSSÉE.

rextréinilé do la plage do Giardini, on faoo dos rostes du château, il y a un onfoncoinont où l'on peut toujours débarquer'.

(rest sur ce cap Schiso que les premiers colons hellènes ibudèi'eut leur ville de Naxos : tout au bout de la pointe, ils eurent leur autel d'Apollon Archégélès. Mais, bien avant les Hellènes, les premiers Ihalassocrales fréquentaient ce refuge. Le poète odysséen connut par son périple ce mouillage du Soleil, comme il connut le mouillage de la (irotte. Au Sud de Messine, cette anse d'Apollon est une autre dépendance, un complément nécessaire du Port Creux: les vents du Nord et les courants y portent tout droit les voiliers : « Au-devaiil de Messine, dit Strabon, on montre dans le détroit le gouffre de Charybde où les courants entraînent les barques, les font tourbillonner et les engouffrent : les débris rejetés sont balayés jus(prà la cùte tauroménienne, qui pour cette raison se nomme Kopria, le Tas de Fumier*. » (l'est en ce mouillage encombré de fumier (pie le poète plaça, je crois, les étables du Soleil Dominateur. Les Hellènes disent: Apollon Archégétès , Apollon le Grand Chef. Le poète odysséen dit: le Soleil Dominateur, Ilélios Ihjpêrion. C'est le même dieu et c'est, au fond, le môme vocable, car ces deux épilhètes grecques ne sont que deux traductions synonymes d'une seule et môme épithète étrangère. Le mouillage et les cultes do Naxos ont gardé les souvenirs, fiu'iles à retrouver, du séjour et de la religion des flottes phéniciennes.

Pour une étude topologiquc de ce mouillage du Soleil, il est un texte très important. Appien' nous raconte comment Auguste vint débarquer ici, quand il attaquait la Sicile pompéienne. Sextus Pompée, cjui détenait l'île tout entière, avait fait de Messine sa grande place militaire et navale. Auguste envoie Tune de ses flottes et l'une de ses armées attaquer l'île par la façade du Nord : Agrippa, <[ui commande cette divion césarienne, défait une partie des forces pompéiennes de terre et de mer, dans les eaux des Lipari: puis il débarque sur la côte sicilienne du Nord et s'installe à Milazzo. Auguste, en môme temps, projette d'attaquer en personne la façade du détroit : avec son autre flotte et son autre armée, il desceiul les cuMes ioniennes de la (lalabre et arrive à Leucopetra.

Parvenu à Leucopetra, César voulut franchii' le détroit et atterrir à Tauronioniuni. Los sentinelles, postées au sonuuet dos monts, lui ayant signalé que la passe était libre, il chargea sur sa flotte tout ce qu'il put de troupes et il vint aborder sous Tauroiat*nium, espérant que la place se rendrait. Mais la garnison refusa do recevoir ses envoyés. Il côtoya donc [la rive^, le fleuve Onobala et l'Aphrodision, et vint jeter l'ancre à l'Archégétès, le dieu des Naxiens, avec l'intention d'y établir son camp ol

I. ImtnicL naut., ii«75I. p. 251. Cf. P. Hizzo, Na.roH Sirrliola, Calane, 1894.

± Strab., VI, p. L>68.

ô. Appieii, Heil. (Uv., Y, lOî^-M.*).

I/ILE DU SOLEIL. ôTr»

d'attaquer d'ici Tauromcnium : rArchégétès est une petite statue d'Apollon, que dressèrent les colons naxiens à leur arrivée en Sicile*.

Ce promontoire de l'Archégétès est notre cap Schiso. Auguste y débarque. Ses troupes commencent à y dresser leur camp. Mais les Pompéiens surviennent : infanterie, cavalerie et flotte, trois forces pompéiennes marchent contre les Césariens, dont la flotte est battue. Auguste doit s'enfuir en Italie. Il laisse son infanterie à Cornificius qui, sur les rochers de Xaxos. tient bon. Derrière les levées de son camp, Cornificius peut sans peine repousser tous les assauts. Mais il i^isque d'être pris par la famine. Il se décide donc à rejoindre Agrippa. A travers les Pompéiens et les montagnes, il s'ouvre une retraite jusqu'à Milazzo. Après son départ, les Pompéiens occupent le camp de Naxos.

Tous les détails de ce texte concordent à nous expliquer la lopologie de cette baie. Taormine au Nord et Naxos au Sud, les deux promontoires ont vu tour h tour s'installer deux villes également importantes, mais d'origine et de vie toutes difl'érentes. Au temps d'Auguste, Naxos est déserte : il ne reste sur le promontoire qu'une statue de l'Archégétès et, dans l'enfoncement de la baie (au point, sans doute, où les Instructions nautiques nous disent que « l'on peut toujours débarquer), im Aphrodision. Taormine, au contraire, est déjà la haute ville et la forteresse que nos Instructions nous décrivent encore aujourd'hui :

La ville de Taormina (ancienne Tauronieniuni) est construite à la partie Nord de la baie, sur un terrain élevé et accidenté, présentant un front de falaises escarpées, hautes de 170 mètres : elle est en partie entourée de haules nun*ailles. Outre plusieurs édifices, couvents et autres édifices, elle est couronnée par les belles ruines d'un château sarrasin. Au-dessus de Taormina, sur un escarpement de 57)0 mètres de hauteur, s'élève la petite ville de Mola avec des murs et un chAleau en ruines'.

En une pareille situation, sur ce promontoire escarpé (|ui tient aux montagnes do la grande terre et ([ui, lui-même, est dominé, surveillé, menacé par les montagnards, Taormine ne peut être qu'une ville d'indigènes, de terriens. Les textes nous apprennent qu'elle fut, en eflet, une fondation, non pas des navigateurs grecs ou autres, mais des montagnards. «Les Sikèles occupèrent la butte que l'on nommait Tauros. Ils étaient une foule compacte, mais sans chef. Trouvant ce lieu naturellement fort, ils y restèrent après avoir construit une muraille et ils le nonmièrent Tauro-menium , parce qu'ils avaient séjourné là, oià to jjisiva'. toj^ £7:1 Tov Taùpov àOpoio-OivTa;". » Naxos est une fondation des navigateurs. Son cap,

1. Appien, Rell. Civ.^ Y. 109 : 6 6è Kaîjap f.or, jjLâv è; Ae'JXOTSTpav sx toO 2x-j>kÀaxio"j O'.ezs-nAS'Jx:'. • svt Si Ag'JXO-KSTpa; e|isXX£ irspâv Cirèp tôv TOpOjxàv èç t6 ïawpo|i6viov... KaTajxfi'^dasvoç voOv tô -nAa^'o; £'x Twv opûv, érsi xa0ap6v ïf^tù iroXsfxîwv, ïiz'kgi o-Tpatèv lywv ô^ov <x\ vf,£; sos/ovro. 'EXÔwv os èizi t6 Taupojiiv'.ov, xpo^STtejjuj/e wç •jitaÇôji.svo; oiùià' od oe^aijiévuiv 6è twv «poupûv, -naps'rtXst tôv -notaiJLOv xiv 'U'/o6iXav xai tô îspôv t6 'A'fpootjiov xal wpjxîaaxo ê; làv 'Xpyr^yé'zry Na^i'wv tôv Oeôv, w; yapaxa 0TjÇ(5a£'/o; xal àroTtEipà^wv tô Taypouiv.ov. '0 oè 'Ap/T,YéTT,(; \\r,6X/sbi'/o^ àYaXiidtf.ôv Ittiv, B Tpwtov £ïTf,aa*/TO Na;{(i>v ot £ç 2'.x£>»{av àT:u)X'.7;jL£vo'..

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