‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 227 sur 343 · I. Pliotojn'avuiT d'apivs la carie iiiariiio ir · texte numérisé non relu

I. Pliotojn'avuiT d'apivs la carie iiiariiio ir

LMLE DU SOLEIL. 070

(K's que les Sikèles à demi civilisés fondent Tauromenium : depuis vingt-deux siècles. Naxos est déserte en face de Taormine florissante.

La fondation de Naxos par les Hellènes vers 750 av. J.-C. est Tune des dates presque certaines de la plus vieille histoire grecque. Naxos fut la première colonie hellénique en Sicile. Ce fut sûrement à ce promontoire que les Hellènes, après avoir caboté tout au long des cotes italiennes, vinrent débarquer, juste en face du dernier promontoire italien de Leucopeti'a : Naxos est en ellet la première pointe sicilienne qui s'oft^re aux navires venus par ce chemin ; c'est à Naxos que l'expédition des Athéniens touchera plus tard la terre sicilienne'. Thucydide nous dit que les théores partant de Sicile viennent d'abord sacrilier à cet autel d'Apollon Archégétès, AtcoaXwvo; 'Apy'/iysTO'j ^wijlov, è©' (I), oTav sx SixsXia; 9ewpol îtAswTi, TrpwTov 6you<jt*. 11 semble donc que ce dieu solaire fût en même temps un dieu du voyage. Il faut noter qu'il n'a pas un temple à la mode hellénique, mais un simple autel. Et cet autel n'est pas dans la ville, mais à l'extrémité du promontoire, en dehors du rempart, oori; vjv e$o) rri; TroXscu; stt'.v, ajoute Thucydide. Enfin, si les Hellènes donnent ordinairement à ce dieu le nom d'Apollon, il semble qu'en réalité ce soit tout simplement, comme dit Appien, le dieu Archégétès, 6 ôeo; 'Apyr^yéTr,;.

Cette épithète archégétès est celle qui, dans l'inscription bilingue de Malte, servit aux Hellènes à traduire les titres de Notre Seigneur Melkart, Dieu de Tyr, Adon Melkart Baal Sour, Héraklès Archégétès". Ce Seigneur des Tyriens, ce Roi de la Ville, ce Grand Chef est un dieu solaire à la robe étoilée, ào-:poytT(ov, et c'est un dieu de la navigation. Je crois que Melkart fut le prototype de l'Archégétès naxien et je crois que, jusqu'à nous, à travers les religions successives, ce culte s'est transmis en s'adaptant toujours aux croyances nouvelles. Aujourd'hui, la statue du Grand Chef ne se dresse plus à la pointe du cap Schiso. Mais, sur la plage de Giardini, les Instructions et les cartes nous signalent la statue d'un autre Tout-Puissant, d'un certain Pancratios, en qui les indigènes saluent le premier apôtre chrétien de la Sicile. Ce Pancratios aurait été un disciple de saint Paul. H semble bien n'avoir jamais existé. C'est le Grand Chef, l'Archégétès des marins, qui est devenu le Saint Tout-Puissant des terriens; jadis il protégeait les rochers du promontoire contre les flots de la mer; aujourd'hui, il défend les champs de la plaine contre les flots de la lave : « Les habitants ont érigé la statue du saint qui a empêché la lave de s'étendre sur la campagne de Tauromenium et de détruire le pays adjacent. Ils sont persuadés que cela serait arrivé sans son intercession : il conduisit la [lave] avec autant de sagesse que d'humanité le long d'une vallée basse, à la mer*. » Les Siciliens (int l'imagination et la foi promptes. L'Aphrodite-Vénus des Naxiens leur a doimé sainte Venera, dont un village, une montagne et un petit fleuve voisins de

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