‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 228 sur 343 · Cf. Deineunicr, Voyage en Sicile, I, p. 12i · texte numérisé non relu

Cf. Deineunicr, Voyage en Sicile, I, p. 12i

r»80 LES IMIÉMCÏK.NS ET I/ODYSSÉE.

tiiardiiii porleiil le nom : ranrieii mouillage (rAphrodile est aussi devenu le port de Sle-Yenera. Les gens de Messine montrent encore aujourd'hui la lameuse leltie que la Vierge Marie leur écrivit en hébreu et qui, traduite en grec par saint Paul, puis retrouvée miraculeusement dans les archives de Messine en li67, fut traduite en latin par Constantin Lascaris, iVar/a Virgo, Joachim filia, Herva Dei humillima, etc., Messanenaibus omnibus salutem, etc.

Je rapporterais donc volontiers au panthéon phénicien cet Archégétès de Naxos. J'avoue que, pour Torigine de ce premier culte, Thypothese peut sembler incertaine. Mais, auprès de rArchégétès, Xaxos avait gardé un autre culte plus caractéristique. Dans renfoncement de la baie où Ton peut toujours débarquer, près de Taiguade, l'antiquité connut un sanctuaire d'Aphrodite, un Aphrodision, dit Appien, un téméno8, une aula d'Aphrodite, disent les autres. Les ex-voto de ce sanctuaire avaient donné lieu à un célèbre dicton sur les gerres de Najcos, yspoa Ni^ta : « Les Siciliens nomment gerres les phallus et triangles sexuels, lesaidoia; k Naxos de Sicile, dans l'enclos d'Aphrodite qui est sur la mer, de grands gerres étaient consacrés », ys??» ol SixeXoi XsYO'Jo-iTaiyopwaxai Y'jva'.xsia atoow- v 2è sv tti fi\xz\\yjr^ Nàço) Teixsvo; ÈTt'.ôaXàomov 'AçpooiTr,;, sv (0 jxsyàXa aloola àv£X£î.TO*. Le vwoV gerre avec cette acception n'est pas grec. En grec,7e7To?î, ysppov, désigne seulement les objets el instruments d'osier tressé : paniers, boucliers, fascines, etc. Les Syracusains, assiégés par les Athéniens et entendant ces Hellènes de la métropole se demander entre eux des fascines, des gerres, se moquaient d'une demande aussi incongiHie et traduisaient le gerre grec pai* le gej^i^e sicilien : les fascines devenaient des aidoia. De la langue sicilienne ce mot passa chez les comiques : Piaule l'emploie couramment en exclamation ironique pour dire bêtises ! sornettes ! « La politique ! des gnTes î » Notre langue populaire nous fournirait sans peine l'exacte traduction de celle expression malsonnante : « La politique ! des aidoiades ! »

Ce mot, qui n'est pas grec, est d'origine sémitique. Tous les Sémites tirent des racines ny, niy, niy, g. ou, r, g. r.\ g. r, r, etc. (qui signifient dépouiller, mettre à nu) les mots qui désignent les nudités, les parties sexuelles, les aidoia virils ou féminins : l'hébreu nous offre le mot ger(ou)a, nr^y, qui, par la chute du waVy du digamma, nous donnerait le gerron ou gerra sicilien. Dans notre enceinte naxienne d'Aphrodite, la chose et le mot sont à leur place*. Les grands aidoia consacrés ici nous reportent aux symboles sexuels qu'Hérodote a vus sur les stèles de Palestine, Tàç (rrr^XoL^.., sv -rf, naAaî.<rTtvTp Sjptif, xai -zk yoàjjLixaTa tyio'KOL xai yuvaixo; aiooïa. Nous voyons encore ces symboles sur les nombreuses stèles carthaginoises, et les parois des cavernes sacrées de l'ancienne Phénicie en sont couvertes : telle cette caverne que les Arabes nomment la Caverne des Aidoia et que Renan décrit auprès de Byblos^

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