Prov. App. Vatic.y I, 40, p
2. Sur tout rtK-i. consulter mon article Geneif de Vajros, Mélanjres Porrot. p. ,V7. .". llérod., U, 107. Renan, Mission de Phénicie, p. Oi7 et suiv.
l/ILE DU SOLEIL. 581
Au bord de ce mouillage naxieii, nous avons donc sûrement un vieil enclos de l'Astartè phénicienne. Naxos fut Tune de ces « pointes sur la mer », que les Phéniciens occupèrent sur tout le pourtour de la Sicile pour le service de leur commerce avec les indigènes : il faut toujours revenir au texte de Thucydide, wxouv Ss xal 4>otvixs; irspl irâo-av [xèv r/jv SixsTv'lav àxpa; T£ sttI ttj ÔaXaTOTri aTroÀa- 66vT£^ xal Ta £7rtxs»l(iLeva v/io-toia sjxîtop'la; evsxsv r/is ^cpo^ Toù^ SixsXoj;*. Cette |)ointe de Naxos était indispensable aux flottes phéniciennes. C'était pour elles la clef du détroit. C'était une station principale de leurs cabotages au long des côtes siciliennes et italiennes. Venus du Sud, les Phéniciens arrivaient ici après avoir longé toute la façade orientale de la Sicile. Quand les Hellènes survinrent, ce fut cette façade qui, sur le bord des mers grecques, devint grecque la première, reçut les premières colonies grecques et garda toujours les grandes villes helléniques. Mais, à travers toute l'antiquité, jusqu'à nos jours, cette façade conserva aussi les noms de lieux que lui avaient imposés les premiers thalassocrates venus de Sidon ou de l'Afrique phénicienne.
La pointe la plus méridionale de la Sicile s'appelait dans l'antiquité PacAj/noA-, Ilayuvo; : les géographes s'accordent à y reconnaître un vieil observatoire, bakhun, pna, sémitique*. En montant vers le Nord, le premier mouillage assuré qui s'ofl^re après le Pachynos vit la fortune de la Syracuse hellénique. Le site de celte ville est trop connu. Je n'ai pas besoin d'insister sur les avantages offerts aux premiers thalassocrales par cette Ile aux Cailles, Orlygin. Attachée à la grande terre, séparée pourtant par un chenal, Tile était pourvue d'une excellente aiguade, de cette source Aréthuse qui, jusqu'à nous ou peu s'en faut, conserva ses poissons sacrés. Aréthuse est un nom qui ne signifie rien en grec et qui pourtant se retrouve assez fréquemment dans les mers helléniques. L'étude d'Ithaque va nous conduire au bord d'une autre Aréthuse, qui sourd près de la Roche au Corbeau. Je crois que l'Aréthuse sicilienne sourdait aussi près d'une Roche aux Mouettes : Sour-ha-koussim, disaient les Sémites, D^ornmï; Syrakoussai, Supàxo'jTTat, dirent les Grecs. Car les Hellènes n'oublièrent jamais que ce nom propre à l'origine était fait de deux vocables juxtaposés : à leur mode ordinaire, ils métamorphosèrent ces deux vocables en deux personnages, en deux femmes, et ils dirent que le fondateur de la ville, Archias, avait eu deux filles, Syra et Koussa^. Nous avons étudié déjà* d'autres Roches sémitiques, Sour, Syros, Sj/n'a, etc., et nous avons étudié aussi les koux ou kouss (étant donnée l'équivalence en grec du ç^ro-o-), les mouettes ou alcyons que connut le poète odysséen. Les Hellènes en firent le couple légendaire Kéux-AIkyonè. Ce couple mythique habitait sur le détroit d'Eubée une Rochey que les Hellènes nommaient TpayU, Trachis; le nom grec complet eût été Trachis Alkyonès, 'T^ol'/J.:; 'AAx'j(ov'/iç : le nom sémitique complet serait Sour-ha-kouss, La Sicile n'a pas