W., ibid., p
n LES PHÉNICIENS ET L'ODYSSÉE.
trouver à ce mot une élymologie grecque : « Je présenterais, sous toutes réserves, la conjecture d'Hasselbach. Il fait venir le mot Oàao; d'un primitif 9a, Oàco, nourrir, que Ton retrouverait dans Tt6'/;vTj, noun^ice, et File devrait ce nom à sa fertilité autrefois si vantée. C'est de même que Ton a fait dériver de xaicu le nom de xàdo;, parce que plusieurs îles de la région gardent les traces des feux souterrains*. » Thasos et Kasos font bien partie de la même famille onomastique; mais ce n'est pas Tétymologie grecque qui nous les peut expliquer. Le doublet gréco-sémitique Kasos-Akhnè nous a montré déjà que Kasos est le nom phénicien de Vile de l'Écume. Dans les langues chananéennes, la racine Wic thous, signifie monter dans les airs, planer, voler. De cette racine ihous, un nom dérivé U^io, ihaouas, a donné Thasos, Bào-oç, aux Hellènes comme Arouad, TiiN, leur a donné Arados, ''ApaSo;, le jour où ils cessèrent d'écrire le digamma qui transcrivait exactement le ivav des Sémites. Thasos est l'original sémitique dont Aeria fut la traduction grecque ; les deux termes de ce doublet ont au fond le même sens : « Thasos, disent les Instructions, est montagneuse, particulièrement sur son côté Est (c'est par là que les Phéniciens l'abordèrent), où le mont Ipsario, son point culminant, s'élève à 1,044 mètres d'altitude*. » Ce mont Hypsarion (pour rétablir la véritable orthographe grecque) est la Très Haute Montagne qui pointe dans les airs : c'est lui qui valut à l'ile son nom sémitique Thasos. Les trois noms Thasos, Aeria et Hypsarion ne sont, dans les langues des marines successives, que la traduction identique en réalité de la même vue de côtes aériennes :
Les points les plus élevés do Thasos, dit G. Perrot^, sont le Saiiit-Élie (950 m.) et ripsario (lOoO m.). Uien n'est beau comme leur cime aiguë et dénudée, dominant
de vastes forêts Le mica-schiste et le gneiss apparaissent, par larges bancs, au
milieu du marbre et des calcaires compacts. C'est ce qui donne à ces sommets, sans cesse lavés et polis par les pluies, un éclat extraordinaire. Quand le soleil les frappe, les paillettes du mica et les gros cristaux du marbre blanc rivalisent de splendeur et d'éclairs; de là, chez le versificateur Aviénus, ce trait d'une exactitude pittoresque, qui rend bien l'eiTet de Thasos aperçue de la mer, quand on vient de doubler la pointe de l'Athos :
juxta Vulcania Lemnos
erigiiur, Cererique Thasos dilecia profundo
proscrit albenti se veitice^,..,
A priori, nous aurions pu prévoir les souvenirs phéniciens en ces parages. Toujours les mines d'or de Thasos et de Thrace, les vignes d'Ismare et le vin de Maronée attirèrent le commerce et l'industrie des marins. Mais, avant même la