‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 240 sur 343 · Inslruct. naul., n* 778, p. 67 et suiv · texte numérisé non relu

Inslruct. naul., n* 778, p. 67 et suiv

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FIG. rO. — SAMOS ET SAINT ANDRE

Photogravure de la carte marine m 5210.

Baie d'Anli-Sarnos. — Directement dans l'Est du cap Dekalia, se trouve la baie d'Anli- Samos, profonde d'environ | de mille, mais sans importance. Un navire mouillera dans celte baie par 18 à 22 mètres d'eau, à environ 2 encablures de la plage qui se trouve au fond de la baie; mais comme celle-ci est ouverte au N.-E., d'où soufflent quelquefois de violentes rafales, on ne l'utilisera que comme relâche momentanée pendant l'été.

Baie de Samos. — Cette baie, qui se trouve entre le cap Dekalia et le rivage qui lui fait face dans l'Ouest, a 2 milles { d'ouverture et 1 mille \ de profondeur. Elle est demi-circulaire et abritée de tous les vents, excepté de ceux du Nord; même avec les vents de cette partie, la mer n'y serait pas dangereuse, car la tenue au fond de la baie est bonne, vase et sable. Les navires peuvent mouiller par des fonds de 22 à 27 mètres. Il y a bon mouillage pour les petits bâtiments par 22 à 2i mètres d'eau. Les grands navires mouilleront plus au large. Un petit môle, aboutissant auprès de la grande maison, s'avance dans l'Ouest jusqu'aux fonds de 5'",6 et sert d'abri aux caboteurs. Pendant les gros vents, il faut être prêt à recevoir les violentes rafales qui tombent de la haute terre.

Juchée sur les falaises terrestres du cap Dekalia, Tantique Sainè ou Samos était vraiment une a haute ville » avec une plage à ses pieds pour tirer les vaisseaux. Sur cette plage, aujourd'hui, un petit village est venu relever ses maisons, depuis que le canal n'est plus la proie des corsaires de toute religion et de toute nationalité. Les Instructions nous disent :

Le village de Samos, dans l'angle S.-E. de la baie, est petit et ses maisons sont éparses. Sur le sommet d'une colline, dans l'Est, il y a les ruines de l'antique ville de Samos et l'on peut voir encore les restes bien conservés de belles fortifications helléniques. Une grande plaine, richement cultivée et bien arrosée, s'étend dans le Sud du fond de la baie.

Cette relâche de Samos est utile en cas de nécessité. Elle est loin d'être bonne : elle est ouverte en plein aux vents du Nord; elle est balayée par a les violentes rafales qui tombent de la haute terre »; il a fallu construire un petit mole, s'avançant dans l'Ouest, pour donner un sûr abri aux caboteurs. Ce n'est donc pas en cette baie que les marines fréquentant le détroit auront leur station principale. Grâce à sa « plaine richement cultivée et bien arrosée », Samos a pu devenir jadis et pourra redevenir demain une assez grande ville des insulaires, des terriens. Mais les marins, surtout les voiliers primitifs, ont besoin d'un autre refuge en ces parages dangereux que les Instructions nautiques nous décrivaient plus haut.

Venant duN.-O., nos voiliers « n'entrent pas dans le chenal d'Ithaque sans un bon vent », c'est-à-dire sans un vent du Nord; mais, entrés par un bon vent qui les porte droit vers le Sud, ils descendent d'une haleine tout le chenal, sans autre arrêt que, parfois, une relâche de cabotage pour le service des insulaires. Sur ce chenal d'Ithaque, nos voiliers n'auront donc besoin ni d'un grand refuge ni même d'un rcposoir. Pour les rameurs primitifs qui, venant du S.-E., devaient lutter contre les vents du Nord dominants en ce couloir, il en allait v. BénAfto. — u. 27

tout différemment. Par la navigation de Télémaque, nous voyons encore la façon dont en usent ces rameurs. Arrivés à la première pointe d'Ithaque vers le Sud, les gens de Télémaque abordent au port S. Andréa (nous reviendrons sur cette navigation). En ce port S. André, ils laissent leur passager. A la rame, non plus à la voile (afin d'éviter les risques des brusques rafales à chaque tournant de cap ou de montagne), ils remontent le détroit : ils se tiennent sous l'abri d'Ithaque, dont la direction générale N.-N.-O. les couvre du Borée et les protège un peu contre le Zéphyre. Ils gagnent ainsi leur plage de remise au fond d'une anse bien abritée, sous la ville odysséenne d'Ithaque.

Tout à l'autre bout du canal, cette Ithaque (ville) odysséenne étage ses maisons et ses ruelles autour de la petite rade que nous appelons aujourd'hui encore le Port de la Ville, Port Polis. Nous étudierons longuement ce mouillage. Nous légitimerons point par point cette identification. Du côté de la mer et du côté de la terre, nous verrons que Port Polis satisfait à toutes les nécessités des premiers navigateurs. Bien protégé des vents du Nord; cerclé de plages sablonneuses qui descendent lentement sous l'eau profonde; pourvu sur la rive même d'une aiguade abondante et commode en ce Puits, que nos cartes marines indiquent encore à la plage orientale : c'est vraiment un port excellent au gré des marins homériques.

Les galères tout autour trouvent des remises de halage. Les rameurs, sans craindre vents du large ni rafales de la haute terre, s'y peuvent rafraîchir. Au fond du port, la terre s'élève lentement vers le milieu de l'ile : par une autre pente, on redescend vers un autre mouillage de la côte opposée. Entre Port Polis sur le détroit et Port Frikais sur la mer du large, nous verrons que la ville d'Ulysse gardait l'une de ces routes isthmiques, dont nous avons étudié le rôle : dans la petite île d'Ithaque, cette route isthmique est fort courte ; elle n'en est pas moins — nous le verrons — très importante. En pareille situation, Port Polis devient pour les navigateurs la grande relâche dans la porte du Nord-Ouest : c'est, pour les Achéens, le dernier reposoir sur la route du zophos. La ville d'Ulysse, capitale de ce royaume maritime, est bien la « dernière » ville à l'orée du monde barbare.

Le poète ajoute que les nombreuses lies du royaume « entourent Ithaque, toutes proches les unes des autres »,

Ces autres îles donc sont tout autour d'Ithaque, àjXîpL Elles sont nombreuses, TzoXkoiL Mais il en est trois principales, Samè, Doulichion et Zakynthos, que le poète cite nominativement. Ce sont les plus grandes, sans doute, ou les mieux peuplées. Ces trois îles sont moins voisines d'Ithaque que telles ou telles autres terres de moindre importance. Elles sont un peu à l'écart, àvsuOe : tout près d'Ithaque, en effet, il est d'autres îlots ou d'autres îles, Atoko, Arkoudi,

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