‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 248 sur 343 · FIG. 95. — I.E ROYAUME DES TAPHIE>S · texte numérisé non relu

FIG. 95. — I.E ROYAUME DES TAPHIE>S

Photogravure de la cai^e marine ii* 3210.

S.-O., avec J de mille de largeur à l'entrée et une profondeur de J de mille. Il est entouré de collines ondulées fortement boisées, et forme le mouillage le plus abrité de cette côte, avec des fonds de iC à 22 mètres d'eau, vase d'excellente tenue. 11 n'y a ni village ni eau douce; par conséquent il est peu fréquenté. Le lac de Platea se trouve à 1 mille 4 dans l'intérieur.

Le port de Petala est presque entouré par les terres; il a peu d'eau; mais, pendant la saison des pluies, sa profondeur augmenle par suite de la crue de la rivière Aspro- Potamo. L'entrée du port, large d'environ 3 encablures, est formée par Texlrémité Sud de l'île de Petala et par l'extrémité Nord d'une étroite presqu'île, longue d'environ I mille 4, ayant trois collines, dont celle du milieu est haute de 90 mètres environ. (*elle presqu'île est couverte de buissons ; elle a été autrefois séparée complètement du continent auquel elle est reliée actuellement par un étroit isthme de sable. Comme ce port est à l'entrée du golfe de Patras, il est le refuge des navires marchands qui rencontrent les violents coups de vent de S.-O. près de Céphalonie et de Zante; il sert également de point de relâche par les gros vents de N.-L. qui descendent du golfe de Patras pendant l'hiver.

J'imagine facilement une ville de navigateurs installée sur celte île Dragonièrc, au-devant de ces mouillages continentaux, où les gens de Tintérieur viennent vendre leurs produits agricoles, leurs bois, leurs minerais, et où les peuples de la mer viennent étaler leurs ustensiles et leurs manufactures. Aujourd'hui, Patras est le grand acheteur et le grand fournisseur de cette région. Chaque semaine, ses paquebots arrivent dans ces mouillages de rAcarnanie occidentale, où les indigènes apportent leurs botes, cuirs, bois et céréales :

Derrière la pointe Mytika basse, sablonneuse et accore, on voit le village qui a des communications régulières par paquebots avec Patras. Dans le fond de la baie, il y a une plaine cultivée. Les bords de la baie Dragamesti sont escarpés. A gauche d'Astoko, riche village d'environ 1 800 habitants, situé au fond de la baie, le pays s'élève très rapidement jusqu'au mont Veloutzi (741 mètres), qui n'est qu'à 1 mille J de terre. La ville de Dragamesti est un peu plus haut dans la vallée. Un service régulier de vapeurs relie chaque semaine Patras et Astoko. L'eau est de bonne qualité : on la fait près du wharf. Il ne faut compter ni sur la viande fraîche ni sur les légumes. Les habitants exportent du vin, du raisin, du blé, des bestiaux*.

On voit clairement sur la carte marine quel rôle la Dragonière pouvait jouer en face de ces échelles continentales, au temps où les thalassocrates aimaient à s'installer sur des îlots côtiers : devant les bouches de l'Achélôos, Dragonara tenait alors le même rôle que la vieille Milet aux bouches du Méandre ou la vieille Marseille aux bouches du Rhône. La tradition semi-légendaire représentait lesTaphiens comme des étrangers*, — des Phéniciens, disaient quelques-uns, auTol 02 àvéxaôsv <ï>oivtx£^ twv [jl^toc KàSjjLou oTaXsvTwv^. Dans l'onomastique et dans les cultes de cette côte acarnanienne, E. Oberhùmmer a cru découvrir

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