Odyss., XV
A«2 LES PHÉNICIENS ET l/ODYSSÉE.
cochons près de la fontaine Aréthuse, sous la Pierre du Corbeau. Les Instructions nous disent : « Dans le voisinage [de Port S. Andréa], sur le penchant d'une colline à falaise, se trouve la célèbre fontaine Aréthuse. » Télémaque a remis les belles sandales, £o-/;a"aT0 xaAa 7w£0t).a, qu'il avait quittées pour s'allonger et dormir sur les divans du gaillard d'arrière. Les pierres de ces chemins rocailleux sont aiguès. Mais la roule ne doit pas être longue. Parti de Port St André après le déjeuner de Téquipage, le jeune homme arrive près d'Aréthuse, quand Eumée et Ulysse vicrmont en s'éveillant de prendre aussi leur repas du malin et d'envoyer les gardiens de porcs à la glandée* : Télémaque semble n'avoir mis que queh|ues instants, une toute polite heure, h faire le trajet.
2. — Ulysse, déguisé en mendiant, vient chez Eumée par une autre roule. Il a débarqué au port de Phorkys .
Il est dans le dème d'Ithaque un port de Phorkys, le vieillard de la mer. Là deux pointes avançantes, faites de roches accores et qui descendent vers le port, en écartent la grande houle des vents à nifales. A Tintérieur, les galères restent au calme, même sans amarres, pourvu qu'on les fasse entrer jusqu'au vrai mouillage :
^ôpxiivo^ oé Ti^ Eo-T'. XifjL/jV àXtoio ygpOVTO^ ev o/,[jL<j> 'ïôàxT,;- ùùo oï 7rpo6).fjTe^ sv auTÔ) àxTal aTîOppwys; Xijjlsvoç uotiTtSTrrTjUtai, aï t' àv£[jLa>v THZTzôto^i 3u<Ta7jCov [Asya x'jjxa exTo8ev evroo-Osv 3ê t' aveu os^jjjloio [Aevouaiv vriss èu(jŒe)^[JLOi ot' av op|iO'j [ASTpov ïxcjvrai*.
En nous décrivant leur Port Profond, Port Vathy, les Instructions nous ont signalé déjà, mot pour mot, tous les détails de site que nous rencontrons en ce port de Phorkys. La carte marine ne fait que mettre en leur place ces différentes particularités. Dans le golfe de Molo, aux rives « accores et rocheuses, où les grains toml)ent avec une violence extrême par les coups de vent du Sud-Est au Nord-Ouest » (cf. le vers du poète sur la grande houle des vents à rafales, àvéjxwv o'jo-aY^iov [xsya x'jjxa : pour les navigateurs odysséens, le vent à rafales est par excellence le vent de N.-O., le Zéphyre, Zitpupo; ôuTa>;ç), le Port Profond s'ouvre entre ces deux pointes avançantes, oiio T:poS)^r^'zt^ àxTat, de roches aiguës, aTrooptoye;, qui dévalent sur le port, Xtuévo;; TîOTiTîsirrrjUiai : « La pointe Skino, disent les Instructions, est l'extrémité d'une langue de terre formée par une chaîne de collines basses. La colline qui domine la baie a 168 mètres d'élévation. » Toutes les pointes voisines ressemblent à cette pointe Skino.
Pour les distinguer les unes des autres et reconnaître chacune, nos Instructions ne manquent pas de signaler les repères naturels ou artificiels, que le navigateur peut apercevoir de la mer : « Sur le côté Nord, il y a une colline