Cf. Haspero, Histoire ancienne^ II, p
qu'on ne puisse pas les prendre. Quand ils se voient poursuivis, ils sautent dans le Nil et le passent à la nage, aimant mieux s'exposer à ^tre dévorés par les crocodiles que de tomber entre les mains des Turcs qui ne leur font aucun quartier, les empalent et les écorchent tout vifs'.
Théveuot nous a décrit plus haut les châteaux garnis de mousquets et les sentinelles criant : « A larga, au large! » Il continue :
Le jeudi trenliesme May, nous nous trouvasmes devant l'embouchure du Nil et la galiotte des Corsaires y alla faire eau malgré le canon de la forteresse. Nos vaisseaux en voulurent faire autant et firent bannière blanche tant pour voir si on nous voudroil recevoir en terre que pour voir si on rachèteroit quelques-uns des esclaves que nous avions pris. Nous attendions avec grande impatience qu'on mit la bannière blanche au Chasteau et nous nous préparions à aller en Damiette en toute seureté, quand pour notre malheur la sentinelle, qui estoit au haut de l'arbre — (en haut du mât : les vieux monuments égyptiens, qui représentent les barques des Peuples de la mer, nous montrent toujours la sentinelle ainsi juchée), — découvrit quatre voiles. Aussitôt ils changèrent en bannière rouge leur bannière blanche. Je voulus leur représenter que c'estoit mal agy de courir sur des voiles, qui s'estoient peut-estre approchées à cause de notre bannière blanche. Mais ils me répondirent que puisque le Chasteau n'avoit point fait bannière blanche, ils n'estoient obligez à rien, de sorte qu'ils donnèrent la chasse
à ces quatre voiles et le Chasteau tira plusieurs coups sur nous, mais sans aucun effel
Il s'en sauva trois et la quatrième investit la terre et tous les gens qui estoient dedans se sauvèrent en terre V...
Nous ouvrons ÏOdijssée. Deux passages du poème nous parlent de TÉgyptc en assez grand détail. Dans la Télëmakheia, c'est Ménélas qui raconte à ses hôtes le séjour qu'il dut faire en ce pays merveilleux. Le poète énumère les cadeaux admirables que Ménélas en rapporta. Nous allons voir la surprenante rencontre qu'il fit, en l'île déserte de Pharos, du Vieillard de la Mer, pasteur de phoques et diseur de bonne aventure. Dans VOdysseia^, c'est Ulysse, arrivé chez Eumée, qui invente Tun de ces contes dont la broderie est de sa fabrication, mais dont la trame n'est qu'un morceau de la vie quotidienne. Il est, dit-il, Cretois. Il n'a jamais rêvé que course et guerre. Il a débuté par huit ou neuf « coursières » autour de son île. Puis il est allé sous les murs de Troie, à la Croisade. Puis, revenu en Crète, il a réuni et armé une flottille de course contre le Delta :
Nous quittâmes la Crète et, poussés par une bonne brise fraîche de Bora, nous voguions comme sur un courant d'eau. Pas la moindre avarie dans les vaisseaux! Pas le moindre accident ni la moindre maladie parmi les équipages ! A bord, nous étions tous