‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 27 sur 343 · Théveuot, II, chap · texte numérisé non relu

Théveuot, II, chap

.j. Odyas., XIY, 199 el suiv.

assis, laissant faire le vent et les pilotes. Le cinquième jour, nous arrivons dans les eaux courantes de TAigyptos et nous amarrons nos vaisseaux dans le fleuve même. Alors je conseillai à mes hommes de rester là, près des vaisseaux, et de garder notre flottille, mais d'envoyer quelques guetteurs sur les buttes voisines. Mais, préférant la violence et n'écoutant que leurs passions, ils se jettent sur cette belle campagne d'Egypte, la ravagent, enlèvent femmes et enfants, et tuent les hommes. La nouvelle en vient à la ville. A grands cris, dès l'aube, l'armée accourt. La plaine se remplit de cavaliers, de fantassins et des éclairs du bronze. Zeus tonnant met la fuite et la lâcheté au cœur de mes gens. Pas un ne résiste. Le désastre nous submerge. Un grand nombre de nos gens est tué.... D'autres, pris vivants, sont emmenés pour devenir esclaves et hommes de peine. Quant à moi, Zeus me donna l'idée de rejeter le casque solide de ma tête, le bouclier de mes épaules, et la lance de ma main.... Puis j'allai à la rencontre des chevaux du roi. J'embrassai ses genoux. Il eut pitié et me donna la vie. Il me prit sur son char et me ramena tout en larmes à sa demeure. La foule nous courait après avec ses lances menaçantes; elle voulait me massacrer, car ils débordaient de colère. Mais le roi me protégea pour ne pas manquer aux devoirs envers Zeus hospitalier.... Sept ans je restai en Egypte, et j'y amassai de grandes richesses : tout le monde me faisait des cadeaux. Mais, la huitième année, un fdou de Phénicien me décida à l'accompagner en Phénicie.

Prenez vers par vers ce récit odysséen. Il faudrait en expliquer, en commenter longuement tous les mots pour bien mesurer la minutieuse exactitude de cette description : « 'Aoxr.ôsss xal àvo-jo-ot, pas d'accident et pas de maladie », dit le poète, et les voyageurs francs fournissent aussitôt le commentaire. Sur les bateaux des corsaires, les maladies infectieuses font rage, parmi les passagers et les équipages, mal nourris et malpropres, ou parmi les captifs et les esclaves entassés à bord. Tout ce monde est mal couvert. On manque d'eau pour la boisson et pour la moindre toilette. La variole est à l'état endémique : « C'estoit une grande pitié de voir sur ce vaisseau tant de pauvres femmes avec leurs enfants à la mamelle n'avoir tous les jours qu'un peu de biscuit moisi. Mais entre autres il y avoit une femme avec son mari, son frère, ses sept enfants et un dans le ventre. Tout cela causoit un grand embarras et bien de la saleté sur ce vaisseau et mesme il y avoit un petit enfant qui avoit la petite véroUe, ce qui me fit appréhender de la gagner*. » La peste vient s'ajouter. Elle règne dans les ports et sur les vaisseaux. Elle ne cesse jamais, si parfois elle diminue. Les voyageurs d'alors en parlent comme nous parlons aujourd'hui de la fièvre. A Conslantinople, à Smyrne, à Damiette, dans tous les ports levantins, la peste est installée, en permanence : « La peste fait d'étranges ravages dans ce pays. Les Francs y sont exposés comme les autres. Mais ils prennent des précautions qui éloignent le danger, au lieu que les Turcs, avec leur prédestination mal entendue, s'y précipitent à corps perdu. Les Francs se renferment dans leurs maisons après y avoir fait des provisions pour trois ou quatre mois, ou bien ils se retirent à la campagne où l'air est moins sujet à se corrompre que

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