‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 263 sur 343 · Odyas., XVÏ · texte numérisé non relu

Odyas., XVÏ

on les eût apeirus de la ville. Ils ont alors quitus Astéris-Daskalio cl soiil rentrés à toutes voiles vers Port Polis, eux aussi. Les deux vaisseaux ont été tirés à la grève.... Sur la carte marine, nous pouvons dessiner sans peine toutes ces allées et venues, entrées et sorties de bateaux, si nous plaçons à Port Polis la capitale odysséenne et si nous reconnaissons Astéris dans Tilot Daskalio.

4. — Reste alors le quatrième mouillage dont parle VOdyssée : le porl Rheithron.

Ce dernier mouillage odysséen trouve sa place dans le dernier port que nous décrivent les Instructions. A Port Frikais, nous avons déjà rencontré ce Porl du Courant, et nous avons décrit la route commode qui peut amener le prétendu Mentes de la grève de Rheithron à la capitale d'Ulysse. Ce port Rheilhnm est sous leNeion forestier, Otto Nr/lw yXr^svTi, comme le port de Phorkys est sous le Nériton. Des o deux montagnes », en efl'et, qu'aperçoivent les marins sur le socle de Tile rocheuse, Tune est au Sud du golfe de Molo : c'est le Nériton qui domine Port Vathy; Tautre, plus large et plus compacte, couvre, au centre de File, tout l'intervalle entre le golfe de Molo et la baie de Frikais : c'est le Neion. Cette seconde montagne est moins un pic qu'un grand bastion triangulaire dont le plus haut sommet dépasse, suivant Parlsch, 800 mètres (les/««tructions ne donnent que 630 mètres) et dont les pentes descendent -abruptes sur Port Polis et Port Frikais. Le Port du Courant est donc bien sous cette autre montagne, sous ce Neion qui jadis était couvert de forêts et qui maintenant est, lui aussi, complètement déboisé.

Au Nord de l'isthme déprimé, qui unit Port Polis à Port Frikais, la partie septentrionale d'Ithaque est encore très rocheuse, Tpr^ysla, et très bosselée, xpava/j. Mais entre le Neion et les deux collines allongées, dont l'extrémité va former en mer la baie d'Aphalais, une fertile région nourrit aujourd'hui neuf ou dix villages et près de 2500 cultivateurs. Vignes do Corinthe, oliviers, jardinets de céréales : c'est ici vraiment la plus grande, la seule région agricole de l'île tout entière*. Si dans la montagne du Sud, sous le Nériton, l'Ithaque odysséenne avait ses cochons autour d'Aréthuse et quelques champs au fond du port de Phorkys; si, dans le centre, sur la haute table broussailleuse et sèche du Neion, elle avait quelques forêts, mais surtout de pierreux pâturages à chèvres: c'est ici, dans les trois vallées descendant vers Port Polis, vers Port Frikais et vers la baie d'Aphalais, qu'elle pouvait avoir sa vraie campagne, à vrai dire ses seuls paysans, le reste de sa population ne vivant que de la mer ou des troupeaux. Pendant qu'Ulysse navigue au loin et que les prétendants dévorent à la ville les bêtes envoyées chaque jour par les chefs des porchers et des chevriers, Laerte s'est retiré à la campagne, à l'écart; il traîne ses vieux

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