Imtnirt. iiaut., irOUI. p
ti. (^f. Il' jM'oiiiior voluiuf do cet ouvrage, p. 005 et siiiv.
5. Pli. du Fresne-Cassaye, Voyage du Levant, éd. IlausiT, p. 189 : « Var^a [est] ie seul village qui soit resté aux seigueurs vénitiens dans toute l'Épire. De ce village, on transporte des l)œufs et d'autre?^ viandes à Corlou. »
bois, cl charger du vin, des cochons, du blé et, sans doute, des manufactures, vases, tissus et trépieds. Cette amitié subissait bien des éclipses. Le père du prétendant Antinoos avait un jour servi de pilote aux corsaires de Taphos pour une descente chez les Thesprotes, bien que ceux-ci fussent les alliés d'Ithaque :
D'ordinaire, pourtant, les marins n'avaient qu'à se louer de l'hospitalité thesprole. Dans son histoire du corsaire crétois, Ulysse raconte à Eumée comment il fut jeté par le naufrage à cette côte de Thesprotie, d'où un navire thesprote le devait ramener a Doulichion : « Là, j'entendis parler d'Ulysse. On me raconta qu'on l'avait accueilli et hospitalisé sur le chemin de son retour. On me montra les richesses qu'il rapportait.... Quant à lui, il était allé, me dit-on, à Dodone consulter la volonté divine dans le grand chêne de Zeus, »
TÔv 5' s; Aoowv/;v cpaTo pr.jjisva'..
Le vieux périple attribué à Scymnus de Chio nous dit (v. 446-450) : « Korkyra est une île de Thesprotie. Après les Thesprotes, habitent les Molosses, qui firent leur descente sous Pyrrhus, lîls de Néoptolème; chez eux, est Dodone, loracle de Zeus. » Un jour, je suis allé, moi aussi, par cette route de Souli, consulter à Jannina, sinon la volonté de Zeus, du moins le bon plaisir des autorités turques. La route aujourd'hui est dangereuse : les cols et vallées des monts sont d'un accès commode; mais les Thesprotes actuels sont de terribles brigands, et la loi turque ne fait que les dresser au pillage.
Au Sud de l'Achéron, les Vénitiens avaient encore deux petits mouillages, Reniassa et Gomaros, d'où ils tâchaient de prévenir les incessantes incursions albanaises sur Corfou et sur Sainte-Maure. Nous avons employé tout un jour à caboter lentement au long de cette Thesprotie.
Vers le soir, derrière les sables dorés de la pointe lliéro-Tripa, apparaissent enfin les marais et les oliviers de Sainte-Maure. Une grève où le flot vient briser; un môle en avancée; un canal où les barques filent en se croisant et en froissant leurs blanches voiles; une forteresse échouée dans le marais; une petite ville aux maisons basses s'aventurant avec son escorte de platanes et d'oliviers jusqu'au milieu des lagunes boueuses : telle est Sainte-Maure. Vieilles petites maisons de bois aux volets verts: vérandas et galeries bordant la rue de leurs arcades basses ; aucune de ces hautes bâtisses de pierre, de ces grands magasins, de ces beaux « établissements » — xaTa<TT/,iJLaTa — , dont les Hellènes peuplent leurs villes neuves : Sainte-Maure est encore une pauvre échelle vénitienne. Nulle part, on ne peut mieux sentir combien une ancienne ville levantine diffère des nouveaux ports grecs. La saleté et la barbarie régnent encore dans