Geog. Graec. Min., 1, p
vieux portulans de la Grèce classique. Mais, dans les périples plus récents, nous trouverions à chaque pas les mêmes expressions ambiguës. Les périples des mers nouvelles surtout — tel ce Périple de la Mer Rouge, que Ton attribue parfois à Arrien — nous donneraient mot pour mot des fragments prosaïques de notre poème odysséen : nous ferons à ce Périple de multiples emprunts quand nous voudrons expliquer la Composition de VOdysseia. Les périples des mers les plus fréquentées — tel le Stadiasme de la Grande Mer (Méditerranée) — fourmillent aussi de pareils exemples :
'Aîto Ztiypeu); ei; Aa8a[jLavTtav aràotot x'* vfi(joç Ixav/i TiapàxeiTa», • aÙTrjV sywv osÇiav xaTàvo'j- Xi^LT^y èoTt tzolyzX àvéjjitj)- GSwp eyei*.
« A droite de cette île assez grande », sur quel rivage se trouve au juste « ce port couvert de tous les vents, avec une aiguade »? est-il à la côte insulaire? est-il à la rive continentale? Pour toutes les îles côtières, à lire les périples grecs, on doit se poser la môme question : chaque lecteur peut à son gré trancher ralternative. Il est assez piquant de retrouver, au sujet de notre île Astéris, un texte tout pareil dans un périple des Grecs modernes. Les Grecs modernes, vers le début du xvii^ siècle, quand ils se remirent sérieusement à naviguer, étaient sous Tinfluence des Vénitiens « qui possédaient alors la plupart des îles », o'jTot vàp 3yj Ta; TrXstara; twv W^fT^ù'9 ^xTjdav, comme dit Thucydide au sujet de la Grèce primitive et des Phéniciens*. Les Grecs modernes imitèrent donc ou même copièrent les portulans de Venise, et tel de ces portulans grecs n'est qu'une exacte traduction, toute farcie encore de mots italiens. Voici le Portulan de tous les Ports, IlopToXàvo oXouvwv twv AtjjLevwv, imprimé en 1619 à Venise chez Antonio Pinelli (sans nom d'auteur), TUTwoOàv h BeveTtaw Tiapà *AvTwvi(o T(^ ntv£X>»(î). Et, dans ce Portulan, voici la description de Képhalonie :
'H KscpaXwvia evat vTjO"1 jjLTtiTaoo, xal ey^ei iiopTO xaXo toto àiro [jiéTa wo-àv xal aTcoÇcj)
'Atîo tov a"oà oiroiï evai 6 xàêos to5 ntTxàpSo wç 6 TcopTO to'j nto-xàpoo, Iva». |jLfjXX'.a 6'. To TTOpTO TO'J IlioaàpSo'j evai xaXo Stà ÇùXa jxixpa xal Sià àp[JLaTto[XÊva', xal Iva». ùÙL TOV XeêàvTi oyj. ùik tov TîOUVSvTt.
'Atto to IltTxàpoo 0); TÔv 'AOépa, svat piX^ia i6'. '0 'Aôépa; evat TcopTO xal eyst rva VTjffl ojJLapOs xal eva». xaXo TripTO 3 là tov tîouvsvti. . . .
To Otàxvi evai [XTçtTaôo xal àvàiJLSO-a twv KeçaAovla xal to OiaxTj svai eva vr,a-6tto'jXo you[jLTjXo xal eyei ivav irupyov xat [xta orépva à-àvw to'j xal Xsyo'jv to'jto to Aiôa<jxaX£tov.