‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 274 sur 343 · Thuc, I · texte numérisé non relu

Thuc, I

5. \\ est curieux de retrouver ici. à dix-huit siècles de distance, une phrase du Périple de la Mer Erythrée [Geog. Graec. Min., I, p. 570) : e^ti 6è h OL'jzr^ 'zko'.ipiOL fazTà xal {lOvi^uXa, oU XpwvTa: irp6; àXiav xal «ypav ytkiir/i\i.

Kn ce texte, laissons de coti^ notre baie de Viscardo; mais prenons les deux lies côtières. L'une est Daskalio. Le grec moderne nous dit exactement de Daskalio ce que le grec homéri<iue nous disait d'Astéris : c'est un petit îlot bas entre Ithaque et Képhalonie, àvàjxeo-a twv KstpaXovta xal to BtàxTj evai eva vyitôtwOuao yo'jjjLTiXo :

"A^rspiç où [jL£yà)vT,.

Le grec moderne ajoute ce que nous dit aussi le grec homérique : cet îlol est une bonne guette dans le passage; les guetteurs y ont élevé une tour et installé une citerne, eyei evav irùpyo xal jxia TTspva àTtivo) tou. Le grec moderne ne connaît pas de mouillage sur cette île et il ne connaît pas d'autre refuge en ces parages que notre port Viscardo, lequel, à n'en pas douter, est le Port Double, les Ports Jumeaux du grec homérique. Mais] le grec moderne, au paragraphe précédent, nous montre aussi d'où vint l'erreur du poète odysséen : « La [baie] Atheras [c'est une baie à la côte occidentale de Képhalonie] est un port et elle a une Ile au-devant et c'est un bon port pour le ponent ». Ce « bon port pour le ponent » est-il datis l'île, sur l'île, sous Tîle côtière? est-il sur la grande terre, en face de la petite île? Si nous consultons la carte, nous ne pouvons pas hésiter : le port estso?/« l'île, non dans l'île. Mais le poète homérique, faute de carte, aurait pu tirer de ce texte ce qu'il tira vraisemblablement d'un texte tout pareil. Quand il nous dit que les Ports Jumeaux sont dans Tile cùtière, il interprète mal son périple, mais il ne songe pas à le fausser. Il se trompe à coup sûr, mais ce n'est pas de propos délibéré. Il nous induit en erreur, mais non en pleine fantaisie. M. Doerpfeld a donc eu grand'raison de ramener Tattention des critiques sur ce détail de la description odysséenne. 11 me semble avoir eu tort seulement de recourir aux moyens violents, aux bouleversements révolutionnaires ou, tout au moiîis, aux réformes subversives, pour suppi'imer cette difficulté au lieu de la résoudie, et pour la remplacer par d'autres difficultés bien plus irrationnelles : ce sont là, comme dirait Strabon, opérations « tératologiques ».

Nous sommes restés une heure en ce port de Viscardo. Partsch y veut reconnaître le port Panoi*nios, dont font mention quelques textes byzantins et une douteuse inscription trouvée en Italie. A travers l'histoire, ce port fut une station nécessaire à toutes les marines. Il est vraisemblable que les Grecs classiques l'ont connu et dénommé. Le nom de panormos seulement ne me semble pas convenir à cette baie qui n'a que deux mouillages, àjjL'^iôujxo;, et qui n'est pas un porta fout mouillage, Tràvopjjio;*. Sur les ruines byzantines, normandes, vénitiennes

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