‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 280 sur 343 · Photogi'aphie de M™" V. Bérard · texte numérisé non relu

Photogi'aphie de M™" V. Bérard

PÉRIPLKS ET RÉALITÉS.

ment de rexlrémilé méridionale de Tîle d*Ithaque, quand tout à coup nous fûmes ballottés par des bouffées qui nous venaient en divers sens. Le vent de N.-O. continuait de souffler entre Ithaque et la Romélie, ainsi que nous en jugions par deux bateaux qui se trouvaient à quelques milles de nous vers l'écueil de Dragonneau. Nous passâmes près d'une heure sans pouvoir avancer et avec une mer qui nous fatiguait beaucoup. Enfin nous essayâmes à force de rames de nous porter sur Céphalonie; mais le vent d'Ouest, qui venait du canal, nous en écarla. Nous voulûmes alors nous diriger sur Dragonneau : le vent du Nord s'y opposa. Nous prîmes le parti d'aller vers Ithaque : le vent de N.-O. nous empêcha constamment de nous en approcher. Nous lutlâmes de cette manière contre le vent jusqu'à la nuit. Comme il tomba alors, nous profitâmes du calme

FiG. 107. — Port Ligia*.

pour gagner à la rame le port do Lia, situé h la partie la plus orientale d'Ithaque : il était onze heures [du soir] lorsque nous pûmes jeter l'ancre.

Ce port [de Lia] esl étroit, un peu sinueux, fort profond, ouvert à l'Est et au N.-E., mais assez sûr quelque temps qu'il fasse, même pour les plus gros vaisseaux. La ccMe esl élevée, calcaire, toute couverte d'arbrisseaux; elle était inculte, quoiqu'elle fût partout propre à la culture de la vigne et de l'olivier'.

Lia ou Ligia est le nom véritable de la petite île que notre carte marine appelle Parapigadi. Grâce à une rentrée de la côte et grâce h la présence de cet ilot. Port Ligia offre un abri, sinon très sûr et permanent, du moins satisfaisant

1. Les i\^, 107-111 sont des photographies de M. F. Boissonnas.

Page 1