‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 285 sur 343 · Instruct. uaul., n«> 691, p · texte numérisé non relu

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'2. Odyas., XIV, 4*)7-i58.

nets et bien dessinés, que les peintres de Toscane font zigzaguer au fond de leurs tableaux.

Tout en ce gai pays respire l'aisance. Ces enclos bien entretenus sont propriétés de luxe autant que de rapport. Les orangers en fleurs embaument le vallon. Les fruits commencent d'apparaître aux branches des amandiers. Enrichis par le commerce et la navigation, les gens de Port Vathy mettent leur orgueil à ces jardins, qu'eût admirés Alkinoos, et leur piété à ces chapelles, où chacun veut avoir son saint particulier : ils lui offrent, non plus de riches hécatombes, — les Ithaciens n'ont plus la généreuse piété d'Ulysse, — mais des cierges et quelques fumées d'encens.

D'enclos en chapelles, la roule gagne le faîte des collines, puis s'accroche aux falaises du Merovigli pour atteindre le plateau de Maralhia.

Mais nous quittons la route afin d'aller à la source Aréthuse, dont le ravin en cascades de pierre tombe du haut des falaises à la mer. Adieu la route commode, les olivettes et les vergers proprets ! Voici le rocailleux sentier, à travers les broussailles, au flanc des collines, que suivait Ulysse, pour monter chez Eumée :

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Ces hauteurs, éventées par les souffles du large, sont coiffées aujourd'hui de moulins à vent. Ce matin, le Borée siffle et hurle sous le grand ciel clair. La forêt d'autrefois a disparu. Des troupeaux de chèvres promènent leurs sonnailles à travers les fourrés de cystes et de caroubiers. Du sommet des collines, rien ne ferme la vue de la mer, qui s'étend jusqu'aux lointaines montagnes de Lcucade et jusqu'aux îles de l'Achélôos. Derrière nous, la rade de Port Vathy n'est plus qu'un œil d'eau reluisante, dans un cercle d'olivettes, qui lui font (les « sourcils » verdoyants.

Devant nous, les bosses de collines embroussaillées alternent avec les coupures des torrents, sous la haute muraille verticale qui supporte le plateau de Maralhia. En croupes rondes, toutes frisottées de buissons, les collines descendent à la zone de pierre nue, rongée par la vague clapotante.

La rade et l'ilot Ligia s'étendent sous nos pieds. Leurs plages dorées inter-

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