‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 286 sur 343 · V. BÉRARD. — II · texte numérisé non relu

V. BÉRARD. — II

FiG. 117. — lUiaque, Arkoudi et Leucade.

FiG. 118. — Les colliuos et Port Valhy.

rompent la ceinture de calcaire. Brusquement, à un tournant de roche, le ravin dWrélhuse apparaît. Du haut de Marathia, trois ou quatre gradins énormes de roches en falaise cascadent jusqu'à la grève. Le gradin du sommet est le plus abrupt et le plus haut. Muraille verticale de vingt ou trente mètres, cette Pierre

du Corbeau dessine en façade un demi -cercle régulier, que la brèche d'un torrent entaille en son miHeu.

Le torrent n'a de Feau qu'après les grandes pluies de rhiver. Tombé du Corbeau, il traverse une pente de broussailles, qui le conduit à une nouvelle cascade de roches nues. Moins verticale et moins élevée, celle nouvelle paroi est creusée d'une sorte de grotte, dans laquelle sourd Arélhusc. Cette grotte ou plutôt cette niche contient un bassin rempli a d'eau noire », [jL£>.av îiowp, qu'entretiennent les incessantes gouttelettes, tombant de la voûlc, et les maigres filets ruisselant des parois.

La citerne naturelle devait être doublée jadis d'un réservoir en pierres de tailles, construit au-devant du rocher. Les ruines subsistent. Avant la fondation de Port Vathy, les marins fréquentaient celte aiguade : de Port Ligia, à travers les roches en escalier, un sentier les amenait ici. C'est par là que Gell, débarqué à Port Ligia, commença l'exploration de l'ile. Leake vint aussi débarquer à Port Ligia pour visiter Aréthuse'. Le nom môme iVArétItuse dut monter de la mer, apporté par les étrangers. Ce nom. qui ne présente en grec aucune signification, fut conservée par les Hellènes à

1. Leake, Northern Groece, 111, p. 54 : The port of Lia is well sheltered from Ihe north by an islaïui on either side of wliich tlierc is a convenienl arcess to the harbour and a considérable deplli of waler near tlie sliore, as in every part of llic coast of Ilhaca. This island is covered wilh brushwood and is upwards of a mile in circuniference : it is callcd Parapigadhi from its position wilh i-espect lo tlie fountain, of which the pure and never failing supply is as uscful to ships as to Ihc shepherds.

FiG. 119. — Le Corbeau.

trois ou quatre aiguades maritimes. Nous avons rencontré la plus célèbre des Aréthuses au bas de cette Pierre aux Mouettes, que les Phéniciens nommèrent Sour-ha-Kou8sim : les Hellènes en ont tiré Syracuse, Soupaxouo'O'ât. Voisine de la Pierre du Corbeau, l'Aréthuse odysséenne est en situation toute pareille. Mais aucun doublet n'est demeuré, nous permettant de retrouver le sens véritable de ce nom sémitique.

Aujourd'hui les sources et citernes de Port Vathy offrent à nos grands bateaux des provisions plus abondantes'et plus assurées. Mais Aréthuse, qui jamais

FiG. 120. — La grotte d'AréLhuse.

Fio. 121. — Aréthuse et les iniines de la citerne*.

ne tarit et jamais ne se trouble, reste toujours pour les insulaires un point de

Page 1