‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 29 sur 343 · Thévenot, U, chap · texte numérisé non relu

Thévenot, U, chap

Noire corsaire crétois navigue pareillement avec une bonne brise fraîche de la partie Nord et comme sur un courant :

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« Les courants dans l'Archipel, disent les Instructions nautiques, sont irréguliers en force et en direction. En général, ils portent au Sud; mais ils sont grandement influencés par les vents.... On ne peut donner une loi exacte de leur marche, surtout pour la partie Sud et pour les canaux qui bordent Tile de Candie. Le courant porte presque continuellement dans la direction du Sud*. »

Après cela, reprend Thévenot, sur la minuit le vent se changea en un maestral tramontane si frais, que nous estimions le chemin que nous faisions à dix milles par heure, quoi que nous ne fissions voile que de la maestre pour ne pas abandonner un galion avec lequel nous estions de conserve. Ce vent dura tout le mercredi. Le soir il s*appaisa un peu, puis se changea en gregal ou nord-est, mais si faible, que nous n'avancasmes presque rien toute la nuit et tout le jour suivant, qui esloit jeudi.... Sur le soir dudil jeudy, le vent se renforça un peu et sur la minuit il se renforça de telle sorte que le vendredi à la pointe du jour nous descouvrismes la terre d*Égypte. Le vent s'estant changé en ponent maestral ou ouest-nord-ouest, nous tournasmes la proue vers Boukeri. Mais le vent nous jetta si bas que peu après nous nous trouvasmes sous Alexandrie.

Que l'on note bien cette dernière phrase de Thévenot; elle va grandement servir à nous expliquer un passage controversé du poème odysséen. Thévenot allait en Egypte, c'est-à-dire aux bouches du Nil, car rÉgjpte c'est le Nil, et rÉgyple côtière s'arrête, pour les marins, à la plus orientale et à la plus occidentale des bouches du fleuve. Le vent du Nord a jeté Thévenot « trop bas », en dehors de l'Egypte, jusque vers Alexandrie, car Alexandrie, pour les navigateurs, n'est pas en Egypte, parce qu'elle est en dehors du fleuve : Alexandrie est en Afrique ou en Libye. Dans ces parages du Delta, les vents de la partie Nord sont les plus fréquents. Ils prêtent une aide puissante aux navigateurs venus des îles et voguant vers le fleuve. Mais ils peuvent être inversement d'une terrible gêne pour le voyage de retour. Ménélas, revenant d'Egypte, c'est-à-dire sortant du fleuve pour gagner la mer de Crète, est chassé par les vents du Nord-Est vers la côte sud-occidentale, en dehors du Delta et des eaux égyptiennes, jusqu'en face du site où plus tard s'élèvera Alexandrie : « En cet endroit il est une île perdue dans la mer sauvage, que l'on nomme Pharos; un jour de navigation la sépare du fleuve Aigyptos »,

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