‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 292 sur 343 · Orfyw., XVn, i · texte numérisé non relu

Orfyw., XVn, i

par ambition : ils se rendent par ce moyen extrêmement malheureux et pauvres, quoiqu'on donne à ces principaux chefs de parti jusqu'à quatre-vingt mille livres de rente.

Ithaque, alors presque déserte, ne connaissait pas ces guerres intestines. Le commerce maritime commença de l'enrichir au xviu^ siècle finissant. Il eut pour premier effet d'amener une concorde encore plus grande : les habitants formèrent de petites sociétés de navigation. Il amena aussi un avilissement du prix des terres, dont personne ne voulait plus, tous les bras s'en allant à la culture des « champs humides ». Au temps de Gell,

... le nombre des marins et des vaisseaux a fait baisser la valeur des terres avec le nombre des cultivateurs. Pourtant depuis l'occupation française de Naples et la ruine du commerce napolitain, les marins italiens sont venus prendre service sur les bateaux d'Ithaque. Dans quelques années, le manque de bras se fera moins sentir. Quelques auteurs, supposant qu'Homère était originaire d'Ithaque, pensent qu'il n'introduisit en son Odyssée tant d'expressions terrifiantes et une peinture si rebutante des misères et dangers Fig. 131. — Les collines rocailleuses». du marin qu'à seule fin de

combattre en ses compatriotes le goût irrésistible des choses de la mer. Ils sont revenus à ce penchant. Jusqu'aux bergers et chevriers des monts, tous veulent quitter leurs travaux ordinaires ; c'est avec un étrange enthousiasme qu'ils entrent tous dans la marine marchande.

A l'école des gens de Triestc, puis en compagnie des Napolitains (les Phéaciens d'Ulysse venaient de Kume), puis sous la bannière de tous les thalassocrates, Russes, Français et Anglais, les gens d'Ithaque au xix*' siècle se sont enrichis. Quelques familles d'armateurs ont pris la tête. Chacune s'est fait un parti. La politique a remplacé la guerre. Mais, entre Pétalas et Karavias, la lutte pour la prééminence n'a pas été moins chaude.

Aujourd'hui même, l'arrivée de M. le Préfet de Leukade met en jeu toutes les intrigues. Sur son petit vapeur de guerre, avec son médecin de l'armée qui traîne un grand sabre d'or, M. le Préfet est venu de Sainte-Maure en tournée de révision. Chacun s'efforce d'éviter, pour soi-même, pour son fils ou pour ses clients, le ruineux et ennuyeux service du roi. Au temps d'Agamemnon déjà,

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