Odyss.. XI
et nous lisons au chant XXIV qu'Ulysse et Télémaque descendent de la ville chez Laerle :
ol o' ETtcl ex TToX'.o^ xaTsêav, -raya o' àypov ïxovTo'.
Voilà, en effet, une terrible contradiction! et qui montrerait bien que les deux chants ne sont pas de la môme main, — si nous ne savions déjà que le premier fait partie de ÏOdysseia proprement dite, et le second de la Mneslèrophonia, et si le texte même du chant XXIV ne nous donnait d'autre part une marque évidente de sa modernité. Au chant XXIV, Laerle vit dans son enclos, avec une vieille servante sicilienne :
èv ùï v'jv/; S'.xsXtj ypft'j; ttsXsv*.
Ce détail ne put être inventé qu'après la découverte et la colonisation grecques de la Sicile. Ithaque devint alors une des escales de la route sicilienne. Mais les Grecs homériques ne connaissaient pas encore le nom de la Sicile. Les mots Sikaniè ou Sikélè ne se rencontrent que dans les derniers chants de VOdyssée : une fois au chant XX, V. 585, et quatre fois au chant XXIV, v. 2H, 507, 565 et 589. Il est trop visible que cette fin de la
Mnestèrophonia est un ornement d'époque très récente et qu'elle n'a rien de commun avec le Noslos du héros.
Il ne faut garder que le renseignement du chant XI. La capitale odysséerme devait être en réalité plus bas que la ferme de Laerte. D'Oxoï, nous redescendons vers Port Polis. C'est en celte rade seulement que pouvait se trouver la capitale d'Ulysse, au temps où le détroit était le grand chemin des flottes, où les insulaires vivaient surtout de la navigation et de la mer, où leurs relations principales étaient avec Pylos. J'ai trop longuement commenté et localisé la navigation de Télémaque pour qu'il me soit encore besoin de montrer la roule de Pylos aboutissant tout droit à celle rade do Port Polis.
Revenus au hameau de Stavros, nous avons maintenant celte rade sous nos pieds. Sauf au côté du S.-E., que les talus du Neion surplombent, et à la pointe