V. DKR.\RP. — II
Prenons garde, cependant. Le Nostos nous a conservé quelques mots dont les Hellènes semblent n'avoir jamais connu Fusage. Gaulos est une transcription du sémitique 9-0U-/; les Hellènes remployèrent pour désigner un vaw^eau: le poète s'en sert pour désigner une sorte de cruche : ceci est le vrai sens, le sens primitif tout au moins, du terme sémitique.
Mieux encore : le Nostos peut nous rendre quelques mots sémitiques dont le poète, lui-même, parait avoir ignoré la signification. Molu n'a jamais rien voulu dire aux oreilles des Hellènes, et le poète nous prévient que ce n'est pas un terme de la langue des hommes; les dieux seuls le connaissent :
Voilà, je crois, un mot transcrit de texte à texte, et non passé de peuple à peuple.
« Je dis que les Phéniciens lui fournirent des renseignements. Car, avant les temps homériques, ils occupaient déjà la majeure portion de Tlbérie et de la Libye », toÙ; oè 4»oivixa; Xeyco jXTjVUTa^- xal tFjÇ '\6r^plfx^ xal Tr^^ X\£ùr^i; tTjV kolrrrcf O'JTOt xaTéir/ov Tçpo tt,; T,Xixta; rri; 'OfXYÎpo'j. « Le poète connut donc leurs multiples expéditions jusqu'aux extrémités de l'Espagne; il sut les richesses et les autres avantages de ce monde occidental : les Phéniciens l'en avaient instruit», 6 Toivyv HoiTjT/i; Totç TOffawTa; orpaTsta; tni Ta lo^aTa r/i; 'lêr^ptaî tTTopriXw;, 7rjvÔav6|X£VOî 8s xal TcXouTOv xal Ta<; àXXa; àpeTaç* ol yàp 4>oivixe; eoT^Aouv toJto*.
Strabon mérite d'être cru. Je ne vois pas comment les Plus Homériques peuvent expliquer la science et la langue même du poème, s'ils ne supposent pas à l'origine quelque périple ou fragments de périples phéniciens.
i. SUab., m, p. 150-151.