‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 312 sur 343 · Cf. le récit de ce twstos dans Diod. Sic, IV, 17 el suiv · texte numérisé non relu

Cf. le récit de ce twstos dans Diod. Sic, IV, 17 el suiv

2. Strab., V, p. 245; Diod. Sic, IV, 21-25. 5. E. Reuss, La Poésie hébraïque, p. 18.

Pareils jeux de mots supposent, je crois, l'usage de la langue maternelle, — à moins que le poète grec n'ait eu près de lui, comme saint Jérôme traduisant la Bible, son drogman (« mon Hébreu », dit saint Jérôme). Ce même saint Jérôme nous explique clairement, en tête de son opuscule de Nominibus hebraicis, à combien de calembours ou contresens peut prêter la transcription des noms sémitiques dans les langues qui n'ont pas toutes les aspirées de l'hébreu : unde accidit ut eadem vocabula^ quœ apud illos non similiter sci^ipîa sunL nobis videantur in interpretatione variari, VA saint Jérôme nous donne en cet opuscule quelques beaux exemples de ces « variétés d'interprétation » :

Assut'j dirigens, vel beatus, aut gradiens.

Bochor, primogenitus, vel in clitellis, aiit ingressus est agiius.

Edom, rufus, sivo terrenus.

Elisa, Deus meus, vel ejus salus, vel ad insulam, vel Dei mei salvatio.

Cadegy sancta, sive mutata.

Napheg, refrigerium, vel anima.

Salem, pax, vel reddens, etc., etc.

Il est donc possible que, du périple sémitique au poème grec, le passage ne se soit pas fait aussi directement qu'il nous semblait d'abord. Il put y avoir un intermédiaire, peut-être même plusieurs intermédiaires, les uns sémitiques, les autres grecs.

On comprendrait que les Sémites aient communiqué aux Hellènes quelque poème ou conte terrifiant plus volontiers qu'un périple exact. De tout temps, les thalassocrates ont gardé secrets leurs renseignements de navigation. En son étude des Preiniers voyages des Néerlandais dans VlnsuUndeK le prince Roland Bonaparte nous montre le soin jaloux avec lequel les Vénitiens, puis les Portugais et les Hollandais à leur tour essayèrent de cacher les routes de leui's flottes vers l'Extrême-Orient. Il fallut aux Hollandais toutes les ruses de l'espionnage pour corrompre les archivistes et dessinateurs de Lisbonne :

L'histoire des Européens dans Tlnsulinde est particulièrement instructive. Quand les premiers navigateurs portugais arrivèrent dans ces riches contrées, ce fut un grand émoi à Venise, qui avait partie liée avec les Arabes pour l'exploitation de l'Extrême- Orient. La diplomatie vénitienne réussit, pendant des années, à semer de difficultés la route [des Portugais], à leur susciter des guerres, à leur fermer des ports de relAche, à leur rendre impossibles les relations connnerciales avec certains souverains indigènes. Les Portugais, de leur côté, afin de nmltiplier leurs découvertes et leurs prises de possession, imposèrent un capitaine européen à chaque bateau de commerce malais, javanais, chinois, trafiquant avec Malacca. En même temps, les itinéraires et les cartes, soigneusement cachés, étaient défendus contre toute indiscrétion, comme des documents

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