‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 320 sur 343 · Slrab., V, 243; Diod. Sic, XU · texte numérisé non relu

Slrab., V, 243; Diod. Sic, XU

2. Cf. Strab., VI, p. 267 : çt^œi ôè tavita; ''Eçopoç np'MoLÇ xTi(T6f,vai itoXei; *EXXrjVioa; èv StxcXi'a ôexàtYj yeveà itetà Ta Tpcoixâ* loù; yoLp npOTgpov fieÔiévai Ta ).r}(TTT,pia tûv Tuppr,vcll)v xai ttjv a>ii.dTr,Ta Tcâv TaÛTY] Hap6àpu>v utaxs. (jly^Ss xat' ê|X7copiav nXelv.

Age et patrie du poème. 591

Hans cette Chroîiique de Paros\ l'histoire grecque commence avec Kékrops, au début du XVI® siècle av. J.-C., vers 1580.

Kadmos et Danaos surviennent à la fin du xvi*" siècle, vers 1520 et 1500. Avec Danaos et ses cinquante filles, apparaît le vaisseau à cinquante rameurs. Vei-s la môme époque, apparaît aussi le char attelé.

Le premier Minos règne sur la Crète dans le dernier tiers du xv*^ siècle, vers 1430.

Les mystères d'Eleusis remontent à 1400.

Les cultes et les jeux du Lycée datent d'un siècle plus tard, de 1520.

Le second Minos et Thésée régnent, et les Sept marchent contre Thèbcs vers 1250.

La guerre de Troie survient en 1220.

La colonisation grecque en Asie Mineure prend place cent trente ou cent quarante ans plus tard : Nélée fonde Milet et les villes ioniennes vers 1080.

Hésiode apparaît vers 940, Homère vers 900.

Toutes ces dates de la Chronique de Pnros sont en avance de trente ou quarante ans sur les dates que les fragments d'Ératoslhène nous fournissent. Pour Eratosthène, la prise de Troie est de 1180, et la colonisation ionienne de 1044*. Ces dates très précises peuvent sembler fantaisistes quand on s'en tient encore aux vieux préjugés sur l'âge de l'écriture. Si l'on n'admet pas l'ancienneté de l'écriture en Grèce, il faut ne pas attacher le moindre crédit à ces renseignements. Mais nous savons aujourd'hui que les Cretois et les gens d'Orchomène écrivaient aux temps « mycéniens » : pourquoi ne pas admettre les conséquences de cette découverte? Les villes grecques purent et durent avoir des listes de prêtres ou de magistrats qui remontaient fort haut. Milet, dès sa fondation, avait pu et dû inscrire les noms et l'âge de ses rois: il ne faut donc pas nous étonner que les Anciens aient connu jusqu'à l'année précise où la ville se fonda. Pareillement, les prêtres d'Eleusis et les gardiens du Lycée pouvaient et devaient avoir une liste de leurs fonctionnaires éponymes ou de leurs vainqueurs.

On doit noter que toutes les dates, fournies par la Chronique pour les temps très anciens, nous reportent à des contrées, Arcadie, Attique, Crète, lonie, etc., que Tinvasion des Doriens épargna. Dans la Grèce dorienne, il est possible que cette descente de Barbares ait fait disparaître tous les monuments écrits de la civilisation antérieure. Mais dans le reste de l'Hellade, avec cette civilisation môme, durent subsister les documents précis et les dates exactes de son histoire.

Les dates fournies par cette tradition des Hellènes concordent fort bien avec

i. Je cite d'après l'édition J. Flach.

Page 1