‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 324 sur 343 · Cf. G. Maspero, Hiitt. Auc, II, p · texte numérisé non relu

Cf. G. Maspero, Hiitt. Auc, II, p

2. LeUres du roi d'Alasia (CliypreV), H. Winckler, die Thontafeln, p. 81.

5im LES IMiÉNlCIENS ET L'ODYSSÉE.

ses relations avec les villes de Syrie. Azirou, fils d'Abdashiiii, chef du pays d'Ainaourou, était déjà du vivant d'Ainénophis III le plus turbulent des vassaux : il désolait les petits États de TOronte et du littoral. Il avait pris et pillé vin^^l villes. Il menaçait Byblos, liérite et Sidon. Beaucoup d'autres essayaient de riiniler. La Syrie entière n'était qu'un vaste champ clos où Ton se querellait sans relAche. Tyr contre Sidon, Sidon contre Byblos, Jérusalem contre Lakiscb, elc. Tous s'adressaient au Pharaon. Leurs dépêches arrivaient par centaines et Ton dirait à les lire aujourd'hui que la suprématie de FÉgypte était sur le point de disparaître*.

La dix-huitième dynastie finit obscurément (vers 1400 av. J.-C). La dix-neuvième relève le prestige égyptien. Ses armées reprennent le chemin de l'Asie, mais elles se buttent aux conquérants Khati ou Hittites, et sur mer apparaissent les peuples pirates, Loukou, Danaouna, Shardanes, Aqaiousha. C'est à celte époque (xiv'' siècle) que G. Maspero' rapporte les débuts de la Troie homérique : la Chronique de Paros est toujours concordante.

Les campagnes de Séti P' (vers ITitiO) rétablissent la suzeraineté égyptienne sur la Phénicie, dont tous les intérêts commerciaux font, d'ailleurs, une dépendance de rÉgypte. Les pirates sont vaincus dans le Delta et, captifs, ils sont enrôlés pour la garde royale. On recommence l'exploitation des mines d'or voisines de rÉgypte : on en lève les cartes et plans sur papyrus^. Thèbes reprend une vie et une splendeur dont témoigne encore aujourd'hui l'énorme beauté de ses temples. Ram ses II (vers 1530) entre en lutte ouverte avec les Khati et leurs vassaux confédérés, « Dardaniens, Myséens, Troyens, gens de Pédasos et de Girgasha, Lyciens », etc.*; il s'avance jusqu'à l'Oronte où il met les Khati en déroute. A son retour, il voulut qu'on retraçât sur les pylônes ou sur les murs des temples les épisodes caractéristiques de la campagne. Un poème en strophes rythmées accompagne partout ces tableaux. Si le poète n'avait pas assisté au combat, il en avait recueilli la description de la bouche du souverain; « mais son œuvre, dit G. Maspero, n'a rien de la froideur officielle; un soufile puissant la traverse d'un bout à l'autre et la vivifie encore à plus de trente siècles d'intervalle ».

Ce Passage de VOronte, ce poème de Pentaouirit (nom du scribe qui le copia), est une Iliade et non pas un Passage du Rhin.,., Il fallut une seconde campagne pour amener les Khati à la résignation. Encore le traité de paix leur abandonna-t-il l'Asie continentale du Nord; l'Egypte ne gardait que la côte phénicienne proprement dite, le Kharou. la Palestine, le Sinaï et l'Arabie. Le demisiècle (1550-1300) qui suivit lut une époque de prospérité pour le monde. La Syrie respira. Elle se remit au commerce sous la garantie combinée des deux j)uissances égyptienne et hittite. Les caravanes et les voyageurs isolés purent la

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