G. Maspero, Ilist. Ane, H, p. 529-Ô
2. Cf. (i. Maspero, Uiat. Ane, U, p. 505 et suiv. 5. Cf. G. Maspero, llist. Ane, U, p. 57i-575.
i. G. Maspero, liist. Ane, U, 589.
parcourir. Ce devint une sorte de lieu commun dans les écoles thébî>ines que de décrire les tournées, le nostos, d'un soldat ou d'un fonctionnaire égyptien. Nous possédons encore un de ces récits où le scribe mène son héros dans les cités phéniciennes, à Bybloà, à Bérite, à Sidon, à Tyr, « dont les poissons sont plus nombreux que les grains de sable ». Les galères égyptiennes affluaient dans les ports de Phénicie, les galères phéniciennes dans les eaux de TÉgyple. Ces vaisseaux creux tiraient si peu d'eau qu'ils n'avaient aucune peine à descendre ou remonter le fleuve. Les peintures d'un tombeau nous montrent les Phéniciens arrivant à Thèbes*.
C'est l'apogée de Thèbes, sinon de la puissance thébaine, du moins de cette richesse, de cette civilisation et de cette littérature thébaines, dont nous avons tracé le tableau (voir le tome II de cet ouvrage, p. 49 et suiv.). Mais déjà le successeur de Ramsès II, Minephtah, est obligé (vers 1300) de défendre l'Egypte contre les pillards et corsaires méditerranéens : nous avons aussi raconté les guerres heureuses de Minephtah (tome II, p. 55 et suiv.). Cette victoire de Pharaon ne peut arrêter la décadence égyptienne, l'invasion violente ou pacifique des Peuples de la Mer, Tinstallation de leurs colonies ou de leurs comptoirs tout le long du fleuve.
Thèbes reste toujours la capitale, la ville la plus riche du monde; mais elle est peuplée de fonctionnaires sémites, libyens, barbares. Elle se console dans le récit de ses gloires anciennes, dans l'admiration de ses œuvres d'art, dans la lecture de ses romans, de ses poésies amoureuses, de ses contes fabuleux : Prouti et les magiciens charment sa décadence.
Les guerres de Ramsès III (vers 1200) donnent un dernier rayon de gloire à la vingtième dynastie et à cette chute de l'empire thébain. La suzeraineté égyptienne, restaurée sur les villes phéniciennes, est cependant plus nominale que réelle. Les Libyens sont chassés du Delta. Mais par la côte asiatique et par la mer, survient une nouvelle attaque des Peuples de la Très- Verte : « Les Égéens, à force d'examiner les galères phéniciennes, s'étaient instruits à l'art des constructions navales. Ils en avaient copié les lignes, imité le gréement, appris la manœuvre de vogue ou de combat. Ils pouvaient maintenant opposer aux vieux navigateurs de l'Orient une marine outillée presque aussi bien que la leur et conduite par des capitaines presque aussi expérimentés* ». Ils s'avancèrent au long de la côte asiatique jusqu'aux parages phéniciens. Mais là, ils furent défaits par l'armée et la flotte de Ramsès III : « Que la femme sorte maintenant à son gré, s'écrie-t-il, dans le récit de cette campagne : avec sa parure sur elle, qu'elle dirige ses pas où il lui plaira. »
Huit ou neuf Ramsès obscurs défilent alors sur le trône. Ils ne sortent guère du pays thébain et leur pouvoir réel, môme en Egypte, est intermittent. La trente et unième dynastie (vers 1100) ouvre ensuite l'irrémédiable déchéance de