‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 37 sur 343 · OrfyM., XIV · texte numérisé non relu

OrfyM., XIV

i. Cf. G. Maspcro, Hi«t. Ane, II, iôO; I, 477.

de leur origine : Pa-khari, Pa-lamnani, P-alasiai, Pi-nahsi, le Syrien, le Libanais, VAlasien, le Nègre\ En outre, il y avait à Thèbes, à Memphis, dans toutes les grandes villes, des colonies de marchands phéniciens, amorrhéens, chananéens, etc., qui vivaient à leur guise, adoraient leurs dieux, propageaient parmi les indigènes leurs langues et leurs cultes, puis, au bout d'un long séjour, — notre corsaire crétois reste sept ans en Egypte, — rentraient chez eux avec une petite fortune et une grande renommée. Il semble que, chez nos Achéens, l'homme qui a vu l'Egypte tient à honneur de s'en faire un nom : il s'appelle VÊgyptien, AiyjTCTto^. A Ithaque, le héros Aigyptios est toujours écouté quand il se lève pour parler au peuple : il était vieux et tout voûté; mais il savait mille choses qu'il avait apprises au cours de ses voyages :

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Durant mon enfance, dans ma petite ville du Jura où tout le monde vivait du commerce avec l'étranger, j'ai connu des « Girod de Portugal » et des « Lamy le Californien », auxquels leurs lointains voyages avaient valu pareils surnoms et pareille renommée. Dans l'Ithaque contemporaine, j'ai connu des Australiens qui se sont jadis expatriés vers Sydney ou vers Melbourne et qui, fortune faite, revenus au pays, jouissent aujourd'hui de leurs rentes et de la considération publique. Les corsaires achéens rapportaient d'Egypte les bijoux, chaînes, pendants et pendeloques, enlevés aux femmes. Les marchands et colons enrichis rapportaient en or et en objets précieux la fortune acquise là-bas. Ces Égyptiens popularisèrent dans toute l'Ilellade achéenne les grands noms et la richesse de Thèbes et de l'Egypte. Toute l'Ilellade homérique connut la ville gigantesque et merveilleuse, Thèbes aux Cent Portes, où il y a dans les maisons tant de richesses :

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C'est la ville de l'or et des métaux précieux, la « ville dorée » des talents d'or, des fuseaux d'or, des baignoires et des corbeilles d'argent. Il se trouve qu'aujourd'hui la Thèbes réelle des Pharaons, la capitale du Moyen Empire et de la « Plus Grande » Égi'pte, nous apparaît, d'après les textes historiques, toute semblable à la ville dorée du poète odysséen. Les inventaires dressés par G. Maspero ne font que nous expliquer les descriptions homériques. Depuis les siècles où la Grande Egypte avait débordé de toutes parts hors de la vallée du Nil, les tributs en or des rois et des peuples affluaient vers sa capitale :

La richesse était presque incalculable parmi les barons égyptiens, surtout chez

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