G. Masporo, II
*î. Odysê,, 11, 15-16.
.>. Odyst., IV, 126-127.
ceux qui appartenaient aux familles sacerdotales. Les tributs et les dt^pouilles de l'Asie et de l'Afrique, une fois entrés dans la vallée du Nil, n'en ressortaient guère. Les chefs de troupes, les gens de l'entourage royal, le fisc du palais et celui des temples en absorbaient le principal. Mais des bribes en arrivaient jusqu'aux simples soldats et jusqu'à leurs parents de la campagne et des villes. Comme l'infiltration se continua durant quatre siècles et plus, on ne peut songer sans stupéfaction aux quantités d'or et de métaux qui durent pénétrer aux bords du Nil sous vingt formes diverses.... Le système des transactions se ressentit de cet afflux. On tailla des anneaux et des plaquettes d'un poids de tabonou déterminé par avance et on s'habitua à acheter moyennant ces tabonou en or, en argent ou en cuivre; même on cota, dans les factures, la valeur en métal pesé. Cette pratique laissait encore des masses énormes que l'on gardait en lingots et en briques ou que l'on façonnait en bijoux et en vases somptueux. L'aisance générale accrut la passion pour l'orfèvrerie : l'usage des bracelets, des colliers, des chaînes, se vulgarisa dans les milieux où il avait été rare auparavant. On ne vit plus scribe ni marchand si pauvre qui ne voulût avoir son sceau en or, en argent, en cuivre doré.... Les sculptures des temples et les peintures des tombeaux montrent ce qu'était la vaisselle qu'on entassait sur les dressoirs des palais. L'or seul et l'argent, dans lequel les surtouts, les cratères, les coupes plates, les amphores, etc., étaient ciselés, représentaient, rien qu'au poids, des sommes [énormes].... Le mobilier était à l'avenant : lits et fauteuils en bois rares, rehaussés d'or ou d'os, sculptés, dorés, peints de tons clairs et vifs, recouverts de matelas et d'étoffes multicolores.... Les quantités d'or en lingots ou en anneaux, dont les chiffres nous ont été conservés dans les Annales de Thoutmosis III, équivalent en gros au poids de ilOO kilogrammes et une bonne partie de l'inscription a disparu, dont les quantités enregistrées étaient égales au moins à celles [que nous avons]. En évaluant à 2000 kilogrammes d'or ce que Thoutmosis avait reçu ou rapporté en vingt années de règne, de l'an XXIIÏ A l'an XLII, on restera certainement en deçà de la vraisemblance. Mais ces chiffres eux-mêmes ne tiennent compte ni des vases, ni des statues, ni des objets mobiliers ou des armes plaquées d'or. L'argent arrivait en masses moins considérables, mais de grande valeur encore*.
Les poèmes homériques donnent à trois villes Tépithète de « riche en or », Tzokùy^p\j<TOsj à Thèbes d'Egypte, à Mycèncs et à Orchomène de Béotie : pour ces trois villes, nous voyons que l'épithète est amplement méritée. Les poèmes appliquent l'épithète « d'or ou doré », ypyo-eo;, à des objets que « jamais dans la vie réelle, lors môme que le goût du luxe a été le plus répandu, on n'a fabriqués en or ou en argent massif, mais que l'on a volontiers dorés ou argentés », disent les archéologues*. Ici encore, il est permis de repousser l'opinion des archéologues et leur explication sommaire du texte homérique. Je ne vois aucun empêchement à l'existence de bâtons, de sceptres, de navettes, de fuseaux, de paniers et de sièges en or, ni même de rênes, de sandales et de baudriers en or : « Des rênes, disent les archéologues, ne peuvent avoir été faites que d'une matière élastique et souple, telle que le cuir. » Mais, de tout temps, les Orientaux ont aimé et fabriqué les cordons, les galons et les fils d'or qui, tressés ou nattés, pouvaient fournir des rênes. L'Egypte des Pharaons dut connaître le même luxe