G. Masporo, I, p
gnàt les moyens rationnels de diagnostiquer les maladies et de les guérir par l'emploi des simples. Elle se contentait, pour soigner les corps, de sorciers ou d'exorcistes, habiles à dépister les démons ou les esprits dont la présence dans un corps vivant détermine les désordres auxquels l'humanité est sujette. Le faciès général du patient pendant les crises, les paroles échappées dans le délire étaient pour ces rusés personnages autant d'indices sur la nature et parfois même sur le nom de l'ennemi h combattre : le dieu Fièvre, le dieu Peste, le dieu Mal de Tôte. Les consultations et le traitement étaient donc des offices religieux, des purifications, des offrandes, des paroles et des gestes mystérieux.... Des remèdes accompagnaient les paroles magiques, remèdes baroques de composition fâcheuse pour la plupart : c'étaient des copeaux de bois amers ou puants, de la viande crue, de la chair de serpents, etc.... La médecine égyptienne en admettait de pareils; mais ils ne paraissaient chez elle qu'à l'état d'exception. La médecine chaldéenne les préconisait avant tous les autres, etleurétrangeté même rassurait le patient sur leur efficacité ; ils répugnaient aux esprits et délivraient le possédé rien que par l'horreur invincible dont ils remplissaient les persécuteurs*.
On comprend Tadmiration des Achéens et des autres peuples pour cette Egypte médicale qui, seule, fournit alors les remèdes et les poisons, qui, seule, connaît les herbes et les simples :
... T^ TîXetara oépsi Çeiôwpo; àpo'jpa fàpjjiaxa, iroXXi [jlsv s^OXot [xe[xi.y[jL£va, itoXXi Se Auypà*.
Pilules ou potions, cataplasmes ou onguents, tisanes ou clystères, le médecin égyptien disposait de tous les moyens dont nous nous servons encore pour introduire les remèdes dans l'organisme. Il ne séparait pas son art de celui du pharmacien. Il dosait les ingrédients, les pilait ensemble ou séparément, les laissait macérer selon l'art, les bouillait, les réduisait par la cuisson, les filtrait au linge. Plusieurs de ces remèdes ont fait leur chemin dans le monde : les Grecs les empruntèrent aux Kgjptiens; nous les avons pris dévotement aux Grecs, et nos contemporains avalent encore avec résignation bon nombre de mélanges abominables, qui furent imaginés aux bords du Nil, longtemps avant la construction des Pyramides'.
Hélène et Ménélas ont encore rapporté d'Egypte un fuseau d'or, une corbeille d'argent, deux baignoires d'argent, deux trépieds et dix talents d'or, qui viennent de Thèbes « où les objets de valeur abondent dans les maisons ». Ces dix talents d'or ressemblent bien aux « tabonou » d'or que G. Maspero nous décrivait tout à l'heure, à ces masses, anneaux ou plaquettes de métal pesé, que Ton employait pour les échanges ou que l'on gardait pour en tirer ensuite des bijoux et des vases. Le papyrus Golénischeff* nous raconte le voyage et le nostos du prêtre Ounou-Amon; doyen de la salle hypostyle du temple d'Amon, Ounou- Amon fut envoyé d'Egypte en Syrie pour rapporter le bois nécessaire au navire d'Amon-Rà, roi des dieux :