G. Maspero, les Contes Populaires, LXVII-LIX
de la Double Maison de vie, et il connaissait les vertus des amulettes et des talismans, et il s'entendait à les composer et à rédiger des écrits puissants, car c'était un magicien qui n'avait point son pareil en la terre d'Egypte*. » Ce début a été restitué par G. Maspero; mais tous les mots on sont empruntés à la suite du conte, telle que les papyrus nous Tout conservée. Et ce conte n'est que l'histoire d'un prince sorcier, d'un fils de Prouti, futur Prouti lui-même, qui s'adonne tout entier aux arts magiques. Dans la tombe du grand Noferkephtah, il retrouve le livre magique de Thot. Ce livre met les hommes qui le connaissent « immédiatement au-dessous des dieux ». Deux formules y sont écrites : « Si tu récites la première, tu charmeras le ciel, la terre, le monde de la nuit, les montagnes, les eaux; tu connaîtras les oiseaux et les reptiles, tous tant qu'ils sont; tu verras les poissons de l'abîme,
[cf. le Proteus odysséen et sa connaissance des abîmes de toute la mer,
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car une force divine les fera monter à la surface de l'eau. Si tu lis la seconde formule, encore que tu sois dans la tombe, tu reprendras la forme que tu avais sur terre. » Noferkephtah lui-même était un prince royal, fils du prouti Minephtah, et il avait aussi cherché ce merveilleux livre de Thot pour se perfectionner dans les sciences magiques. Il était parti à la découverte de ce livre avec sa femme Akhouri, qui était, elle aussi, une fille deprouti, car, à la mode égyptienne, Noferkephtah avait épousé sa sœur de père et de mère (les filles de prouti apparaissent dans les contes égyptiens, comme Eidothéa, la fille de Proteus, dans le conte homérique, et comme la fille de Pharaon dans le conte hébraïque de Moïse, sauvé des eaux), Noferkephtah fabrique une barque remplie de ses ouvriers et de leurs outils. Il récite le grimoire; il leur donne la vie; il leur donne la respiration. Il lance la barque sur le Nil, fait un trou dans les eaux du fleuve, découvre le livj-e de Thot sous un fourmillement de serpents, de scorpions et de reptiles. Un serpent divin est enroulé sur le coffret qui contient le livre. Noferkephtah récite son grimoire, attaque le serpent et le tue. Mais le serpent revient à la vie, une fois, deux et trois fois de suite. Le prince magicien finit par le tuer et conquiert le livre. Akhouri, la fille du prouti, lit les formules : « Aussitôt j'enchantai le ciel, la terre, le monde de la nuit, les eaux. Je connus tout ce que disaient les oiseaux du ciel, les poissons de l'abîme, les quadrupèdes.... Je vis les poissons de l'eau, car il y avait une force divine qui les faisait monter à la surface de l'eau. »
[Cf. le Proteus odysséen qui fait monter les phoques de la mer écumante :
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