I. G. Maspero, Les Coules populaires ^ p
^'oferkephtah a de même retiré du Nil un petit enfant qui venait de se noyer, « car, après le récit du grimoire, il y eut dans Teau une force divine qui poussa le corps à la surface ». Et Noferkephtah fait remonter de même le cadavre de sa femme. Mais Thot se plaint à Rû du larcin de Noferkephtah. Rà fait descendre du ciel une force divine qui empêche Noferkephtah de rentrer sain et sauf à Memphis, lui et toute sa famille.
[Cf. la demande de Ménélas : lequel des dieux m'empêche de rentrer chez moi?
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Dans le conte du Roi Khoufoui et des Magiciens, paraît un certain Didi qui connaît aussi les livres de Thot et qui sait, grâce à eux, se faire suivre des lions à travers le pays, comme notre Proteus se fait suivre des phoques. Dans tous les autres contes pharaoniques, les arts de la magie permettent à l'homme de lier ou de délier la volonté des dieux et de rendre leur puissance captive :
Les hymnes religieux, dit G. Maspero, avaient beau répéter en belles strophes sonores : « On ne taille point le dieu dans la pierre ni dans les statues sur lesquelles on pose la double couronne; on ne le voit pas; nul service, nulle offrande n'arrive jusqu'à lui ; on ne peut l'attirer dans les cérémonies mystérieuses ; on ne le trouve pas par la force des livres sacrés. » C'était vrai des dieux considérés chacun comme un être idéal, parfait, absolu. Mais en l'ordinaire de la vie on songeait peu à ces dieux philosophiques. Râ, Osiris, Shou et Amon n'étaient pas inaccessibles. Ils avaient gardé de leur passage sur la terre une sorte de faiblesse et d'imperfection qui les ramenait sans cesse sur la terre. On les taillait dans la pierre. On les attirait dans des sanctuaires et des châsses peintes. H y avait des mots qui, prononcés par une voix humaine, pénétraient jusqu'au fond de l'abîme, des formules dont la force agissait comme un attrait irrésistible. Par la vertu de ces formules et de ces mots, l'homme mettait la main sur les dieux; il les enrôlait à son service, les lançait ou les rappelait, les forçait à travailler et à combattre pour lui*. Thot, qui avait indiqué le mal aux hommes, leur avait en même temps signalé le remède. Les arts magiques, dont il était le dépositaire, faisaient de lui le maître réel des autres dieux. 11 connaissait leurs noms mystiques, leurs faiblesses secrètes, le genre de péril qu'ils redoutaient le plus, les cérémonies qui les asservissaient, les prières auxquelles ils ne pouvaient point désobéir sous peine de malheur ou de mort. Sa science, transmise à ses serviteurs, leur assurait la même autorité au ciel, sur la terre et dans les enfers. Ses magiciens disposaient des mots et des sons qui, émis au moment favorable avec la voix juste, évoquaient les divinités les plus formidables. Ils enchaînaient Osiris, Set, Anubis, Thot lui-même, et les déchaînaient à leur gré *.
C'est l'opération qu'Eidothéa conseille à Ménélas envers le dieu Proteus (Prouti-Pharaon est un dieu, fils de dieu, et les Égyptiens lui donnent les noms