G. Maspero, Hist. Ane, I, p
de fils de Râ, chair du Soleil, Horus vivant, etc.*) : « Il faut, dit Eidothca. lui tendre une embûche et le prendre de force »,
Et Ménélas s'engage dans cette aventure, « bien qu'il soit difficile à un mortel de dompter un dieu »,
Et Proteus, le dieu magicien, emploie en effet toutes les ressources de son art pour échapper : il devient lion, serpent, cochon, panthère, eau, grand arbre et feu. Dans un conte du papyrus, nous assistons aux mômes métamorphoses. Bitiou dit à son frère : « Je vais devenir grand taureau. Assieds-toi sur mon dos quand le soleil se lèvera. » Ils s'en vont ainsi chez Pharaon, qui fait tuer le taureau. Alors Bitiou devient un arbre et môme deux grands arbres, que l'on admirait dans la terre entière, et l'on alla dire à Prouti : < Deux grands arbres ont poussé en grand miracle ».
[Cf. le vers odysséen : « il devint de l'eau et un arbre à la haute frondaison »,
yl^f^s'zo 5' Oypov ûocop xal oévopsov uAiTtérriXov.]
Prouti ordonne de les couper. Alors Bitiou, sous forme de copeau, saute dans la bouche de la favorite et, descendu dans le ventre, il se fait petit enfant qui reparaît au jour : déclaré prince royal, il devient à son tour Prouti*. Un autre conte mentionne la métamorphose d'un homme en feu. Dans une île déserte, un grand serpent menace un naufragé : « Si tu tardes à me dire ce qui t'a amené dans celte île, je te ferai connaître le peu que tu es; comme une flamme, tu deviendras invisible. » Il n'est pas jusqu'à la panthère qui ne figure aussi dans ces contes, car la métaphore habituelle pour dépeindre la colèi'e de Pharaon-Prouti est : « il entra en fureur comme une panthère du midi' ».
Après toutes ces métamorphoses, notre Proteus odysséen finit par reprendre sa forme ordinaire qui est celle d'un grand vieillard, ainsi qu'il convient à un homme de science, de poids et de dignité. C'est aussi la forme que revêt Noferkephtah : « Il se manifesta sous forme de vieillard très avancé en âge et Satni, qui le vit, dit au vieillard : « Tu as semblançe d'homme avancé en âge. Ne connais-tu pas où sont Akhouri et Mikhonsou, son enfant? » — Et Noferkephtah donne à Satni des nouvelles de toute sa famille, comme Proteus va révéler à Ménélas le sort de tous les héros grecs, qu'il n'a pas vus depuis leur départ de Troie*.
Mais, dans le texte odysséen, ce Vieux de la Mer n'a pas l'auguste chevelure blanche, les boucles argentées d'un Père éternel. Il n'est pas tel que notre popu-