‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 50 sur 343 · G. Maspero, Hist. Ane, I, p · texte numérisé non relu

G. Maspero, Hist. Ane, I, p

recourant aux texU?s, nous voyons que, dans la ciTÔnionie funéraire d'Osiris, la statuette devait avoir la chevelure de khcabet et (|ue le prêtre portait sur la tête une perruque de vrai lapis*.

Certaines épilhèles homériques nous fourniraient d'excictes traductions pour ces chairs d'or, ces os d'argent et cette chevelure de kheshet. Car le poète connaît des Aphrodiles (Vor, yy^'yir^ 'A»poo'lTr,, des Thétis aux pieds iTargent^ BsT'.^ àpyupoTTcîJa, et des Poseidons à chevelure de kuanos, xyavoyaÏTa Dotêi- Sàwv. C'est avec cette perruque noire ou bleue, de khesbei, que le Prouli des contes égyptiens vient respirer la délicieuse haleine des vents du Nord*. Les Proutts de la réalité, c'est-à-dire les Pharaons authentiques, n'avaient pas de plus grand plaisir : dans cette Egypte brûlée par les vents du désert, seul le vent marin du Nord-Ouest, le Zéphyre des Hellènes, apporte quelque fraîcheur. Cette haleine des vents du Nord-Ouest est aussi l'une des douceurs les plus vantées du paradis égyptien. Proleus va tout à l'heure en parler à Ménélas.

De Protcus à Prouti, du conte homérique aux contes égyptiens, voilà, je crois, quelques notables ressemblances. Pourtant les papyrus ne nous ont encore livré qu'une douzaine de contes pharaoniques, et quelques-uns en piteux état de morcellement. Deux de ces contes ont trait, comme notre conte homérique, aux choses de la mer, et presque tous les autres ont quehjue scène en de lointains pays :

Je sais, dit G. Maspero', que j'étonnerai bien des gens en avançant que, tout considéir, les Égyptiens étaient plutôt un peuple voyageur. On s'est habitué à les repn»senter comme des gens casaniers, routiniers, entichés de la supériorité de leur race au point de ne vouloir rendre visite à aucune autre, amoureux de leur pays à n'en sortir que par force. Le fait était peut-être vrai à l'époque gréco-romaine, bien que la présence de prêtres errants, de néeromants, de jongleurs, de matelots égyptiens, en différents points de l'Empire des Césars et jusqu'au fond de la Grande-Bretagne, prouve qu'une partie au moins de la population n'éprouvait aucune répugnance à voyager, quand elle trouvait profit à le ftiire. Mais ce qui était vrai peut-être de l'Egypte vieillie et dégénérée. Tétait-il également de l'Egypte pharaonique?

Les armées des Pharaons guerriers traînaient derrière elles des employés, des marchands, des brocanteurs, des gens de toute sorte. Les campagnes se renouvelant chaque année, c'étaient presque chaque année des milliers d'Égyptiens qui sortaient du pays à la suite des conquérants.... L'idée de voyage entra si familière dans l'esprit de la nation que les scribes n'hésitèrent pas à la prendre pour thème de leurs exercices. L'un d'eux a consacré vingt pages d'une belle écriture à tracer l'itinéraire d'une excursion en Syrie. Les accidents habituels à un voyage de ce temps-là, forêts peuplées de fauves et de bandits, char brisé, détails pittoresques, etc., formaient sans peine le canevas d'un roman géographique, pareils a certains romans byzantins, aux Éthiopiques d'Héliodore ou aux Amours de Clilophon et de Leucippe.

Les héros de nos contes voyagent beaucoup à l'étranger, l'n de nos Ramsès [imagi-

1. Chabas, FJ. sur l'Atit., p. 2i; cf. G. Maspcro, Ht'sl. Atic, I, p. 110.

2. Cf. G. Maspcro, Hist. Ane, I, p. 181. Sur i'or d<'s dieux, cf. le nuMuoii'C do A. Morct, Hecueil de Travaux, vol. XXI II.

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