‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 51 sur 343 · Cf. G. Maspcro. les Coutcfs Populaires. LXXV · texte numérisé non relu

Cf. G. Maspcro. les Coutcfs Populaires. LXXV

naires] épouse la fille du prince de Bakhtan au cours d'une expédition. Le Prince prédestiné va chercher fortune au Naharaina, en pleine Syrie du Nord. C'est dans la Syrie du Sud, à Joppé, que Thouiti déploie ses qualités de soldat rusé. L'exil mène Sinouhit en Iduniée. L'homme qui a raconté les aventures de Sinouhit avait ou voyagé lui-même dans la région déserte qu'il décrivait, ou connu des gens qui y avaient voyagé : « La soif s^abatlit sur moi. Je râlais. Mon gosier se contracta. Je me disais déjà : « C'est 0 le goût de la mort. » Quand je relevai mon cœur et rassemblai mes forces, j'entendais la voix lointaine des troupeaux. Un Silli me donna de l'eau et me fit cuire du lait*, n

Ménélas et ses compagnons ont connu des souffrances analogues dans Tîle de Protée. Ils avaient de l'eau potable. Mais au bout de vingt jours, les vivres vinrent à manquer, et le courage des hommes :

xa'l vii xev r^ia itàvTa xaTScpôtTO xal jjlsve' àvopwv.

Il fallut pêcher tout autour de File et la faim tiraillait les ventres :

aUl yàp TTSpl vfjO-ov àXcbjjisvoi t'y^9uàa<rxov yvajjLitTOis àvxidTpoto-iv, STeips 8s yaorépa Xijjioç*.

Après ces épreuves et cette misère, Sinouhit arrive en Iduméc; le roi lui donne sa fille et Tinstalle prince de tribu dans un grand douar: «C'est une terre excellente, Aia de son nom. Il y a des figues en elle et des raisins. Le vin y est en plus grande quantité que l'eau; abondant est le miel, nombreuses les olives et tous les fruits; on y a du blé et de la farine sans limites, et toute espèce de bestiaux. J'eus des rations quotidiennes de pain et de vin, de la viande cuite, de la volaille rôtie, plus le gibier du pays. On me faisait beaucoup de beurre et du lait cuit de toute manière\ »

En face de l'Ile de la Soif, Ménélas a connu, lui aussi, une terre « où les agneaux naissent avec des cornes, où les brebis mettent bas trois fois par an, où ni le prince ni le berger ne manque jamais de fromage, de viande et de lait doux; mais toute l'année les troupeaux n'arrêtent pas de fournir du lait ».

Il ne nous restait plus, continue G. Maspero, pour compléter la série des romans de voyages égyptiens, qu'à trouver un roman maritime. M. Golenischeff l'a découvert à Saint-Péte#sb"ourg. Les auteurs*grecs et latins nous ont répété à l'envi que la mer était considérée par les Égyptiens comme impure et que nul d'entre eux ne s'y aventurait de son plein gré. Le roman de Saint-Pétersbourg nous reporte au delà de la dix-septième dynastie. Les monuments nous avaient déjà fait connaître sous la quatrième dynastie une expédition maritime au pays de Pouanit. Notre roman nous montre [l'un des] matelots auxquels Pharaon confiait la tâche d'aller chercher les parfums et les denrées de l'Arabie.... Une tempête coule son navire et le jette sur une île, seul de tous ses camarades. . L'n serpent gigantesque habite l'île avec sa famille. Ce serpent à voix humaine accueille le naufragé, l'entretient, le nourrit, lui prédit un heureux retour au pays et le comble

\. G. Maspero, les Contes Populaires, LXXXIII-LXXXV.

Page 1