‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 55 sur 343 · G. Maspcro, Hiêt, Ane, II, p. 276 el · texte numérisé non relu

G. Maspcro, Hiêt, Ane, II, p. 276 el

2. Cf. dans le premier volume de cet oii\Tagc, p. 406 el 468.

3. Sur tout ceci. cf. Strab.. XVI, 775 el 776; G. G. M., éd. Didol, I, p. 136-ir>«.

lions d'autrefois : « Un jour que la reine Hailshopilou, raconte l'inscription de Deir-el-Bahari, s'était rendue au temple, on entendit un mandement du dieu lui-même qui ordonnait d'explorer les voies du Pouanit et de parcourir les chemins qui mènent aux Échelles de l'Encens. Personne des Égyptiens ne montait plus à ces Échelles. Mais on entendait de bouche en bouche les récits des gens d'autrefois, car jadis les produits de cette terre avaient été envoyés aux rois du Delta, tes pères'. »

Les Égyptiens, de toute éternité, avaient donc pu connaître cette terre des phoques et la douce familiarité qui là-bas unissait bêtes et gens : a des récits des gens d'autrefois », ces phoques apprivoisés avaient passé dans les contes populaires et, quelque jour peut-être, les papyrus nous livreront un conte de phoques soumis à la houlette à'uaprouli magicien, qui les mène paître en une île déserte, comme le Proteus odysséen mène ses phoques dans notre île de Phares. Mieux que tous les autres animaux peut-être, le phoque se prêtait à ces contes, à cause de sa ressemblance avec l'homme, de sa face et de ses mains humaines. Thévenot au xvn*" siècle arrive sur la côte du Sinaï en face des anciennes lies aux Phoques :

Nous acheptasnies des moines plusieure champignons de pierre, qui se tirent en cet endroit de la mer Rouge, comme aussi des petits arbrisseaux de pierre ou branches de rocher, qu ils appellent corail blanc, et plusieure grosses coquilles, le tout pris dans la mer Rouge. Mais ils ne me purent rien donner d'un certain poisson qu'ils appellent homme marin : j'en ay pourtant depuis recouvré une main. Ce poisson se prend dans la mer Rouge, à l'entour de petites isles qui sont tout proche du Tor. Ce poisson est grand et fort et n'a d'extraordinaire que deux mains, qui sont effectivement comme celles d'un homme, à la réserve que les doigts sont joints avec une peau comme une patte d'oie; la peau de ce poisson ressemble à celle duchamois*.

IV. — Mais la plus forte ressemblance, la plus typique à mon avis, entre les contes des papyrus et le conte odysséen est encore celle-ci.

Dans les contes égyptiens, la préoccupation de la mort, des cérémonies funèbres et de la vie au-delà, tient, comme on pouvait s'y attendre, la même place importante que dans la vie et l'histoire égyptiennes elles-mêmes. Quand le Paysan volé vient implorer le grand intendant Mirouitensi : « Mon maître, lui dit-il, quand tu descendras au bassin de la justice, navigues-y avec des vents favorables! que la voile de ton mât ne se déchire point! qu'il n'y ait pas de gémissement dans ta cabine! ne sois pas emporté! ne sois pas jeté à la terre! puisses-tu ne pas être une impureté sur l'eau ! » Tout cela fait allusion au voyage d'outre-tombe, où le mort navigue sur « l'excellente mer d'Occident », où les bons trouvent des vents favorables, où les méchants naufragent et deviennent la proie des monstres*.... Quand Pharaon envoie à l'exilé Sinouhit Tordre de ren-

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