D'Arvieux, I, p
To «poo-Tw^iTTov SX TO'j TceXàyou; xXjoibviov*. En celte mer sauvage, on ne rencontre qu'un mouillage absolument sûr et qu'une aiguade toujours abordable. C'est notre ile de Pharos, « petite île allongée, collée contre le continent avec lequel elle forme un mouillage à double entrée : le rivage découpé projette vers l'île deux pointes au-devant desquelles l'île semble bâtie pour fermer la rade », dit encore Strabon. Sur le rivage de la terre ferme et sur les rives de Tlle, les bateaux primitifs trouvaient en de nombreuses criques de bonnes pentes de halage : « Il y a là un port aux bonnes cales. On remet les vaisseaux à la mer, quand on a puisé l'eau noire »,
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« Pharos, dit le vieux périple grec de Skylax, est en Libye une petite île déserte, pourvue de nombreux ports; on va faire de l'eau au lac Mareia qui est en face; cette eau est potable; la traversée de l'île auiac est très courte. » La digue, qui plus tard réunit l'île au continent, prit le nom de 'ETrraTriStov, Sept- Stades, à cause de la distance qui, disait-on, séparait jadis les deux terres. Dans le texte de Skylax, )a[jL£ve; Tzoklol, les yiotnbreux ports, sont un exact équivalent de notre port aux bons mouillages, aijjlt.v e-jopuio;, et Feau du lac Mareia est bien l'eau noire, [jLé).av Oowp, du poète. Nous connaissons la diflérencc entre les « ondes noires » des citernes, des lacs, des trous d'eau dormant sur le fond de vase, et les ondes blanches des sources superficielles, courant sur le sable ou sur le rocher. Ici le lac Mareia paraît plus noir encore aux navigateurs qui. venus de Syrie, viennent de longer les bouches du iNil, dont les eaux blanches se reconnaissent au loin.
J'ai trop souvent et trop longuement insisté sur le rôle des petites îles côtières pour répéter encore de quelle utilité Pharos, cette île parasitaire, pourvue de bons mouillages et d'une aiguade, put être aux caboteurs de Sidon. Après l'Egypte, qui leur est une terre familière et amie, voici pour les vaisseaux sidoniens l'étape du premier soir en terre nouvelle, mystérieuse, barbare. Ici commence la Libye inhospitalière et cette longue côle dangereuse, qui de relâche en relâche, de refuges sous îlots en refuges sous îlots, xaTaçuyal Otto vr,Tioioi^, comme dit Skylax, se déroulera pendant des semaines jusqu'aux grands comptoirs de l'Occident, jusqu'au pays où s'élèvera plus tard la grande Ville Neuve, Carthage. Pour aller vers ces comptoirs, Pharos est une étape fort utile. Mais, pour en revenir, elle est une station indispensable. Le régime des vents, en cette extrême Méditerranée, est disposé de telle sorte que les navigateurs, revenant de Libye vers Sidon, auront comme Ménélas à séjourner ici plusieurs semaines avant de rencontrer enfin la brise favorable. Ici, leur route se coude à angle presque droit. Jusqu'ici ils marchaient d'Ouest en Est; il leur faut main-