‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 68 sur 343 · Strab., III · texte numérisé non relu

Strab., III

LES CONTES ÉGVPTIENS. 81

voit qu'il faut prendre au pied môme de la lettre ce texte de Strabon : Tépisode de Kalypso nous a prouvé que les Phéniciens, avant Tépoque homérique, s'étaient avancés déjà jusqu'à h Colonne du Couchant.

lY. — Les autres noms propres du conte odysséen nous mèneraient en dernière analyse aux mêmes doublets gréco-sémitiques, ou plutôt, si Ton veut me permettre ce néologisme, aux mêmes triplets égypto-sémito-grecs. Deux noms propres surtout se prêteraient à cette étude : VOdyssée connaît les deux Juges des Morts, Minos et Rhadamanthys. Nous avons le sentiment déjà que le dernier n'est pas sans analogie avec les Gouverneui's, Princes ou Seigneurs de TAmenthès. Mais, pour donner quelques preuves à Fappui de ce sentiment, il faudrait entamer une très longue discussion sur les origines Cretoises auxquelles ces deux noms sont liés, sur le mythe crétois de Minos, sur la thalassocratie du Minos de Crète. Je renvoie cette trop longue discussion à un autre ouvrage. Je montrerai quelque jour comment, du Livre des Morts égyptien, est sortie la légende Cretoise, comment Minos, Rhadamanthys et Sarpédon sont, tous trois, petits-fils de Phoinix et fils de Toccidentale Europe, et comment cette Belle Dame du Couchant, r^ xaXv; EùpwTrr,, n'est que la traduction phénicienne delà Belle Amenlet, Amentel neferU des Égyptiens. Tous les noms et tous les détails du mythe crétois nous sont expliqués par le Livre des Morts. La Crète avait été, elle aussi, le séjour de l'Amenti, la Terre des Bienheureux, Makaron insulam nonnulli a temperie cœli existimavere. Le Minotaure n'est qu'un dieu taurocéphale de TAmenti. Le taureau de la belle Europe n'est que le taureau de la belle Amentet. Partout où successivement débarqua cette Déesse du Couchant, Amentet-Europè, les lies des Bienheureux s'installèrent : en Béotie, la citadelle de Thèbes est aussi Tlle des Bienheureux, Maxàpwv vTjdoi r, àxpoTroAi; twv sv Bo'.(i>T'la Brjêwv*. Mais ce n'est point ici le lieu d'entrer en cette merveilleuse histoire : il faut revenir à notre onomastique odysséenne.

Le mot Egypte, Aïy-jTrro^, est d'ordinaire expliqué par le nom égyptien de Memphis, Haikouphtali ou Uakaphtah, le Château des Doubles du dieu Phtah^. Oue le nom de la capitale ait servi dans les langues étrangères pour désigner le pays tout entier et le fleuve même, la chose en soi ne présente rien d'invraisemblable. Kous trouverions de nombreux exemples d'une pareille opération dans les diverses onomastiques : Cambodgey pour nous, a longtemps désigné un peuple, un pays et un fleuve. Mais cette opération implique aussi un certain état du pays. Si c'est Memphis qui représentait aux yeux des étrangers tout le royaume, c'est que cette Haikouphtahy ce Château des Doubles, était alors la capitale politique ou le grand emporion, la ville principale dans l'estime des étrangers. Or tous les textes et toutes les réalités homériques nous ramènent à une époque où depuis longtemps la vieille suprématie de Memphis a disparu : VOdyssée

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