‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 69 sur 343 · V. BÉRARD. — II. (i · texte numérisé non relu

V. BÉRARD. — II. (i

8t> LES IMIÉMCIENS ET L'ODYSSÉE.

nous lait descendre à la période de l'histoire égyptienne où c'est Thèbes qui est la grande ville de TEgypte et du monde; les poètes homériques ne connaissent même pas le nom de Memphis. Parmi les marines phéniciennes, au contraire, ce nom devait être populaire : d'une [lart, le souvenir de la grandeur memphite pouvait subsister dans les histoires ou les légendes de Sidon, el, d'autre part, les Phéniciens gardaient dans la Memphis déchue un quartier, — un camp, orpaToireoov : les Francs, Vénitiens et Génois emploient ce même ukiI de camp pour leurs quartiers fermés dans les villes levantines, — avec un temj)le de leur Astarté, qu'Hérodote appelle TAphrodile étrangère*. Memphis, k la tête du Delta, restait donc pour le commerce phénicien ce (|ue les bazars du Caire resteront toujours pour le commerce franc. Aussi je croirais volontiers que les seuls Phéniciens ont pu ap|)liquer à tout le |)ays h» nom de leur camp, de leur grande place de trafic.

Quand le commerce grec paraît en Egypte, ce n'est pas Memphis qui est le camp hellénique : c'est Naukralis, et cette apparition du commerce grec est de beaucoup postérieure aux poèmes homériques. Les pirates achéens ne connaissent encore que la cote du Delta, où ils descendent, et la capitale où réside le roi, Thèbes. Ce nom de Thèbes n'est pas égyptien : la ville a pour les Egyptiens les noms de Omîs// GiApitou*. Ce nom de Thèbes pourrait avoir un sens en égyptien. Mais il ne présente aucun sens en grec. C'est pourtant un nom répandu dans les terres ou mers helléniques. La Béotie et la cote d'Asie Mineure ont, chacune, leur Thèbes, Br^ëon ou Br^êr^. Aucune élymologie indo-européenne ne peut rendre compte de ce vocable. Ces Thèbes en pays helléni([ue sont des fondations étrangères. L'une est la Thèbes des Ciliciens de l'Ida, voisine du fleuve aux Sept'Gués, 'EirraTropo;, et du port d'Adramyttion, qui lui-même porte un nom sémitique :

SX 5s -noÂW TTSpo'sv KiAu(i)v l'j vaiSTOtoTav

L'autre est la Thèbes de Béotie, la ville aux Sept-Portes, fondée par le Phénicien Kadmos :

oî 7:0 WTO'. S'r^Sr^^ soo; sxT'.Tav STrraTT-jAoïo*.

Nous sommes bien sûrs maintenant que cette histoire de Kadmos n'est pas une légende : une station phénicienne a réellement existé en ce carrefour de routes, au cœur de la Béotie orientale, à égale distance de toutes les mers béotiennes. Or, l'Écrituie emploie le mot nin, teba ou plutôt Iheba. pour désigner un coffre, une boîte, une arche, comme l'arche de Noé ou la corbeille de Moïse sur le Nil. Les Septante traduisent theba en xiêcuTo^, coffre, ou transcrivent

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