‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 72 sur 343 · Cf. Buchholz, Hom. HeaL, J, p. 281 et suiv · texte numérisé non relu

Cf. Buchholz, Hom. HeaL, J, p. 281 et suiv

."i. Cf. Hannon, Pen'pL, 11; Skylax, G. G. M., \, p. 88 et suiv.

88 LES miÉNICIENS ET L'ODYSSÉE.

Phéniciens donc, les migres du couchant ont été connus du monde homérique en môme temps que Kalypso. Mais les explorations égyptiennes avaient depuis longtemps découvert les nègres orientaux, les noirs du Pouanit, comme disent les textes hiéroglyphiques. Aussi le Nostos de Ménélas nous donne en raccourci une carte ethnographique assez exacte de cette extrémité sud-orientale du monde : Ménélas est allé à Chypre, en Phénicie, en Egypte, chez les Éthiopiens, les Sidoniens, les Arabes et les Libyens*. De Chypre en Libye, s'échelonnent en effet, sur la côte ou dans Tintérieur du continent, les Phéniciens, les Sidoniens. les Arabes, les nègres du Soudan et les Égyptiens. Tous ces noms s'expliquent facilement : le' seul terme *Eot^6ol que je traduis par Arabes, pourrait prêter à discussion, si les langues sémitiques ne nous fournissaient pas DUiy, Arabim ou Erabim, comme nom de ce peuple que nous appelons arabe. La transcription en Erembes, 'EpsjjiSoi, est régulière : nous savons que le V initial tombe souvent et que le 2 sémitique est souvent rendu par les Grecs, comme notre b, en [jl-, u6, jjL, etc.

Reprenons donc le Nostos d'Ulysse avec la double certitude, que les poèmes odysséens ont subi l'influence des littératures levantines, en particulier des écrits phéniciens, et que ces littératures connaissaient déjà le genre du périple :

On nie permettra, dit G. Maspero, d'indiquer ici en quelques mots une hypollièse qui* m'a suggérée l'élude du monument de Deir-el-Bahari. Le périple d'Hannon, que Ion avait exposé dans le temple de Kronos à Carthage, 6v xotl àveOrjxev sv tw toù Kpovou Te{jL£V£i, était probablement un texte analogue au texte de la reine Haïtshopitou. On sait que les Phéniciens et, par suite, les Carthaginois ont subi pendant des siècles l'influence égyptienne : ce qu'on connaît de leurs temples et de leurs monuments montre qu'ils ont poussé l'imitation de l'Egypte jusqu'à l'exlrênie. Il est fort possible que les magistrats de Carthage aient jugé à propos de faire, pour l'exploration de la côte occidentale d'Afrique, ce que la reine Haïtshopitou jugea convenable pour l'exploration de la côte orientale. Des tableaux, accompagnés de légendes, pouvaient figurer aussi les différentes scènes du voyage carthaginois, ou peut-être le récit était-il précédé d'une seule représentation, comme c'est le cas pour les stèles égyptiennes, dédiées dans les temples à la suite des grands événements d'un règne*.

Avant d'explorer les mers atlantiques, les Phéniciens avaient découvert et exploité les côtes méditerranéennes: il n'est pas téméraire de supposer qu'ils en avaient pareillement écrit les périples et dessiné les côtes. C'est l'un de ces périples de la Méditerranée phénicienne que notre poète odysséen a dii connaître, directement ou indirectement. C'est de ce périple qu'il a tiré les épisodes du Nostos odysséen. L'étude de Kalypso nous a montré que l'un des morceaux (le ce périple traitait de l'Espagne et du détroit de Gibraltar. D'autre part,

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