CHAPITRE I
ô 6è IIoiTjTT,; oîowffiv dçopjià; wç oOoè toutwv àv/ixo(J; Èati tûv tôtwv.
Sthab., Ilf, 1*8.
Après la « coursière » chez les Kikoiics, Ulysse reprend sa navigation :
Do là nous naviguons au plus lAt, le cœur navrù, conttMits d'échapper à la mort, mais pleurant les camarades perdus. Les vaisseaux ne démarrent pourtant pas avant que nous ayons par trois fois hélé chacun de ces infortunés, qui venaient de périr dans la plaine, sous les coups des Kikones. Mais, sur nos vaisseaux, Zeus l'assemhlenr de nuages précipite le vent Bora avec de terrihles hurlements. La hrume couvre la terre et la mer tout ensemble; du ciel tombe la nuit, et, donnant à la bande, nos vaisseaux se mettent à fuir sous le vent. La rafale déchire en trois ou quatre endroits les voiles. 11 faut descendre la mâture sous peine de sombrer, puis tirer sur les rames pour gagner la terre. Là, deux jours et deux nuits, sans désemparer, nous restons étendus, digérant nos fatigues et notre chagrin. Quand l'Aurore bouclée ramène le troisième jour, nous partons et, mAt dressé, voiles déployées, nous voilà tranquillement assis, laissant faire les vents et le pilote. Nous allons sans avarie regagner la terre de la patrie. Mais la houle, le courant et le Bora nous jettent hors de la route, au détour du Malée, et nous font encore manquer Kythère*.
Il me semble inutile d'insister encore une fois sur les détails de cette navigation et sur l'exactitude de ces vues de mer. Les Instruclions nautiques nous ont longuement parlé de ces coups de Bora « qui dominent pendant la belle saison, soufflant quelquefois frais avec un horizon embrumé qui obscurcit la terre à grande distance.... Us soufflent d'ordinaire avec beaucoup de force; ils sont le plus souvent froids et obscurcissent Thorizon.... Il est prudent d'avoir toujours un port à l'abri duquel on puisse se réfugier si un coup de vent se lève brusquement. L'atmosphère dans ce cas devient si obscuie,
[Cf. notre vers odysséen :
yalav oao'j xal tzovtov • ocwps». o' oOpavoOsv viiç*]
ï. Odyss.. IX, 62-81.