‹ Les Phéniciens et l'OdysséeChapitre 79 sur 343 · Geog. Graec. Afin., éd. Didot, p · texte numérisé non relu

Geog. Graec. Afin., éd. Didot, p

explorateurs trouvèrent des Mangeurs de Poissons*. Les géographes postérieurs* réunirent tous ces Mangeurs de Poissons en une seule race, en une « Plus Grande » Ichthyophagie, tûv OTtoXotTtcov ix^ytorov', en un « Pan-Ichthyophagisrne », que, pour ma part, je trouve moins ridicule que nos « pan-latinisme j>, « panslavisme », « pan-germanisme », « pan-brittonisme », etc. : la communauté de nourriture crée entre les hommes autant et plus de ressemblances que la communauté de langage.

Sur la Mer Erythrée, auprès des Ichthyophages, habitent les Hylophages, les Spermatophages, les Éléphantophages, etc. Chaque navigateur notait soigneusement le genre de nourriture des peuples découverts par lui. En arrivant sur une côte nouvelle, le premier soin d'Ulysse, une fois les équipages reposés, est de s'enquérir quels sont les « Mangeurs de Pain » qui l'habitent :

oî Tivsç àvéps; eïsv Itz\ y9ovl aÏTOv lôovre;*.

« Les indigènes, raconte Diodore dans sa description de la Corse, se nourrissent de lait, de miel et de viandes, ol 5' èyywpioi Tpo'faïç (jiàv ypwvrai yàXaxTi xal [jLiXtTi xal xpéa^i », et, en parlant de la Sardaigne, le même Diodore nous dit que « les Sardes vivent de lait, de fromage et de viandes* ». Diodore résume ici quelque vieux géographe, qui lui-même avait copié quelque vieux périple. Hérodote a dû mettre à pareil profit quelque périple des côtes libyennes : « Après l'Egypte, viennent les Adurmachides, qui vivent à la mode égyptienne, puis les Giligames..., puis les Asbystes..., puis les Nasamons qui vivent, Thiver, de leurs troupeaux et, l'été, montent de la mer vers Tintérieur faire la récolte des dattes, et qui mangent aussi les sauterelles..., puis les Lotophages, qui ne vivent que du fruit du lotos, puis les Machlyes qui vivent aussi du lotos, mais qui ont d'autres provisions", etc. » Plus loin, Hérodote nous parlera. des Gyzantes Mangeurs de Shiges^ Pithékophages.

Les Lotophages, on le voit, ne sont pas un peuple légendaire. La littérature postérieure s'en empara et les fit entrer dans le cycle des héros et des demidieux'. En réalité, pour les premiers navigateurs, c'étaient des hommes ordinaires, d'honnêtes Berbères installés sur le bord de la Méditerranée et vivant de leurs plantations. S'ils ne vivaient que de leurs fruits, c'est qu'à vrai dire leur île ne fournit pas autre chose. Son terrain sablonneux ou trop sec ne porte ni moissons abondantes ni pâturages verdoyants. Les grains et les trou-

i. Paus., I, 53, 4; Ilërod., IIÏ, 19-25; Arrian., Indic, 29, 2. — Sur la Moi* Roupe, dil Pausanias (citant une vieille source dont l'on retrouve un autre t^cho dans Hérodote), àv6pa)icu>v Bi xwv ûrèp SuyjvT); èirt OiXajffav SoyaTOi tV *EpuOpiv xatoixoû^tv 'lyOuo^ivoi, et dans l'Inde, dit Arrien, oCtoi 6â ot 'lyO'JOîjpiyoi ffix^ovxai îyOûaç.

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