Geog. Graec, Min., I, p
les Insiruclions, s'ouvre une petite crique où Ton peut débarquer par tous les temps, à ce que les pêcheurs assurent. Ce point d'accostage est appelé par les habitants Marsa el-Tiffa, le Port des Pommes*. » Qu'était exactement le lotos? Hérodote, qui copie sans doute quelque vieux périple, et Polybe, qui de ses yeux a vu le lotos, comparent ce fruit aux figues et aux dattes, mais lui attribuent un goût plus fin, un meilleur parfum, tt, 5' cywotqi ^sÀTtov*. Pline, qui copie Théophraste, y reconnaît le jujubier : « 1/ Afrique produit un arbre remarquable, le lotus, qu'on nomme celtis et qu'on a acclimaté en Italie. Les plus beaux loiiers sont autour des Syrtes et chez les Nasamons. U est de la taille du poirier. Sa feuille est très découpée comme celle de l'yeuse. 11 y a plusieui's espèces de lotus, discernables par leurs fruits. Le fruit est gros comme une fève, de couleur safranée, mais variant de teinte, comme le raisin, entre la première pousse et la maturité: il vient en grappes comme les baies des myrtes; et, là-bas, c'est un mets si doux qu'une nation et une contrée en ont pris leur nom.... Les armées qui traversaient l'Afrique s'en sont nourries^ » Skylax savait que les indigènes tirent du lotos, comme des dattes, un mets et une boisson : outot )^wt^ 'yÇ^pwvTat aixtj) xal woTt})*.
En tout ceci, il ne saurait être douteux que lotos fut le nom d'un arbre cl d'un fruit réels qui faisaient la célébrité de cette côte au temps des premières navigations, comme le mastic a fait la célébrité de Chios durant toutes les navigations italiennes et franques, jusqu'à nos jours. Quand la mode levantine de mâcher la gomme de mastic et de boire l'eau-de-vie de mastic — aiTw xal TTOTcji ypwvTai — aura disparu, les géographes et botanistes de l'avenir seraient fort en peine de déterminer exactement l'arbre ou l'arbuste dont il s'agit, si les voyageurs des quatre derniers siècles ne nous en avaient laissé quelque vingtaine de minutieuses descriptions. Le nom même du lotos ne semble pas grec : le mot Xwto;, pour les Hellènes, désigne une herbe de prairie, une sorte de trèfle, dont se régalent les chevaux : « Tu peux avoir des chevaux, dit Télémaque à Ménélas, car tu règnes sur une vaste plaine où le lotos abonde »,
S'jpso;, (}) evt (JL6V XcoTOç iroXù^'^.
H est évident que ce mot grec n'a pas pu s'appliquer au fruit d'un arbre : les géographes helléniques ont connu d'autres Lotophages, qui réellement se nourrissent du lotos grec, c'est-à-dire d'une certaine herbe et de ses racines; ces Lotophages habitent sur le rivage atlantique, dans le désert, oî r/iv àvyopov V£[JL0'.VT0, aiToïvTo Se XwTov, uoav Tivà ptÇav*. Mais ces Lotophages n'ont rien de
i. Inatrucl. naut., n» 801, p. 545.