Cf. Geog. Graec. Min., I, p. 127 et suiv
l'état de nature). Ils ne se torturent ni par la recherche des honneurs ni par les soucis des procès. Ils n'ont pas de lois ni de tribunaux, v6|xoiç 8e où oixaiouvrat. Ils vivent dans l'heureuse ignorance des décrets et de la lettre écrite, ti yip oeï TtpoffràyjjiaTi oouXeyetv tov ^(opl; Ypi|JijjLaTO; eùvv(Oj/.oveïv ô'jvàjxr^ov. Ils ne naviguent pas : ils savent préférer la vie aux affaires, oùoï va'jTtAAOjxevoi xépSou; £vexa to J^v uTrepTsCvavTsç. Bref, ayant peu de besoins, ils ont aussi peu de chagrins'. » On voit que notre auteur a fait ses classes et que, vingt siècles avant J.-J. Rousseau, il sait apprécier les malheurs de la civilisation et la félicité des anthropoïdes qui vivent sans tribunaux, sans lois, sans commerce, sans villes, sans provinces, sans classifications artificielles, — toGto Sa to ysvo; e'^etp.àv O'JTC TcôXci»; o5t£ ycopa; O'jt' àXXTjÇ èvréyvou xaTa^xeufi^ yTroypaçr^v, — sans aucune notion du bien ni du mal, — aloypwv oà xal xaXûv oùSè t>,v ÊXayÎTrr.v elT^gpo[JL£voi evvotav*.
Le périple odysséen, qui n'est pas d'un rhéteur de métier, mais d'un navigateur et d'un homme pratique, ne partage pas cette admiration pour les brutes humaines. Il va bientôt nous décrire sans enthousiasme la vie des sauvages de Campanie, qui, eux aussi, ignorent le droit, les tribunaux, les assemblées,
Toïfftv 8' O'JT* àyopal po-jX-r^çopot ouxe Ô^jjliote;,
qui vivent en clans ou en familles isolées, chacun disposant à son gré de ses enfants et de ses femmes,
OejjLto-Te'jct 8ê exarro; iraiocov r^o' àXoy tov oOS' àXXrjXwv àîiyo'j^xiv,
qui ne naviguent ni ne cabotent,
où yàp KuxXwTteTO-t ves^ Tràpa [xi^TOTtàpTiot,
et qui, faute de vaisseaux, ne savent ni faire de leur Petite Ile une grande place de commerce, une ville bien bâtie, ni amener chez eux les produits du monde,
olà Te TToXXà avopeç iiz àXXiiXou^ vr/jo-lv TZcpocoori Oà^ao-cav oî xé <Ttttv xal vfjo-ov èyxTifxévTjV èxàuovro'.
Du rhéteur au poète, le ton est différent; mais la matière est la même. De part et d'autre, ce sont des renseignements de navigateurs, des Insti^uctions nautiques, qui ont fourni le thème. Si le rhéteur en a tiré une ridicule déclamation, le poète ici comme toujours a respecté et copié fidèlement ses modèles; il n'a fait qu'une description exacte, nullement légendaire, nullement embellie, de la vie sauvage dans les mers italiennes de son temps. Les Lotophages sont juste-