inëtruct. naut., n« 778, p. 343, 347, 353 et
pêche. Les ruines importantes que l'on trouve sur le pourtour de ce bassin montrent combien il était fréquenté à Tépoque romaine.
L'entrée Ouest du Bahiret vers la haute mer porte le nom de canal d'Adjim : on peut mouiller devant cette côte par tous les vents, sauf les vents violents du N.-E. et deTOucst; si, après avoir mouillé, on était surpris par des vents de cette partie et gôné par la mer, on aurait un refuge assuré devant Humt-Suk.
Le canal de l'Est du Bahiret n'est praticable que pour les barques d'un faible tirant d'eau. [Mais, de ce côté], le mouillage d'Aghir est peut-être le meilleur qu'offre la côte deDjerba. Il est abrité par l'île des vents de l'Ouest et du Nord; avec les vents de la partie Est, la houle s'amortit sur les hauts-fonds et les herbes. Le mouillage est en outre protégé par un banc de 8 ù 9 mètres, qui s'étend parallèlement au rivage à A milles de distance. On mouille aussi près d'Aghir que le tirant d'eau le permet. Aghir est un gros village. On y trouve des provisions, de l'eau douce fournie par un puits et des citernes. Une route carrossable de 19 kilomètres de long relie ce port à Humt-Suk.
En regard de ces Instructions, mettez le récit d'Ulysse et voyez si Tavcnturc odysséeiine ne se passe pas en un Heu tout semblable à c^ mouillage d'Aghir, en un débarcadère pourvu d'eau douce, mais éloigné du bourg principal qu'habitent les Lotophages. Ulysse, installé au mouillage, envoie deux hommes et un héraut sur la route de ce marché. Comme ils ne rentrent pas à bord, il va les chercher et les ramène de force :
Nous abordons au pays des Lotophages. Nous descendons à terre, nous faisons de l'eau et, sans retard, mes équipages prennent leur repas auprès des croiseurs. Puis, quand on eut satisfait à sa faim et à sa soif, j'envoyai deux hommes, avec un héraut pour les escorter, à la découverte sur les mœurs des indigènes, afin de voir quels étaient ces Mangeurs de Pain. Mes hommes étant partis se mêlèrent bientôt à un peuple Mangeur de Lotos. Les Lotophages furent sans pensées meurtrières à l'égard de mes compagnons. Ils leur donnèrent un plat de lotos et sitôt que mes hommes eurent goûté de ce fruit doux comme le miel, pas un ne songea plus à nous donner des nouvelles ni à revenir : ils ne voulaient plus que rester parmi ces Lotophages, se gorger de lolos et ne pas songer au retour. Je dus en personne les ramener aux vaisseaux, de force, malgré leurs larmes. Je les fis coucher et lier au fond des croiseurs, sous les bancs, et, en toute hâte, je fis embarquer aussi le reste de mes équipages, de peur que, mangeant du lotos, quelqu'un voulût encore ne plus songer au retour.
En toute cette histoire, les Lotophages usent envers les navigateurs d'une hospitalité et d'une tolérance sans bornes : Ulysse ramène de force ses déserteurs, sans que les indigènes interviennent. Entre ces Lotophages et les Peuples de la mer, il semblerait vraiment qu'il existât des conventions, des traités de police et d'extradition, ou, tout au moins, des précédents de bonne entente et de parfaite harmonie. Le commerce seul et ses bénéfices ont pu donner aux Lotophages une pareille bienveillance envers les étrangers, et nous voyons, en effet, soit par les habitudes actuelles, soit par les récits des Plus Anciens, que le commerce primitif dut trouver en cette île de Djerba un important marché de ravitaillement et de transit.
il f - .9 .. 1 * m II
j 'jfi
Jft
r^ /.i ^A Ol.T),il!i ^1
II', m' .S" xA/u'iC i'rir..-?>. • "/-"/!